SCÈNE V
Léonie, Georges.
léonie. Oh bien ! monsieur Georges , Braisne vous a donc reçu sain et sauf malgré Forage... Mais je croyais trouver M. de Vaydrey ici.
geobges. — Il est allé jusqu’au village avec madame de Rethel.
eéonie. — Ab! oui, pour notre rosière... Alors si vous voulez...
Georges. — J’ai promis à Horace de l’attendre ici, mais puisque vous m’offrez une telle faveur...
léonie. — Je vous proposais simplement de venir à la rencontre de mon mari... si vous voulez voir là une faveur, n’en parlons plus.
georges. — Ob! me défendre même l’illusion quand la réalité m’est contraire. . . *
léonie. Tenez, monsieur d’Ervillers , nous ne nous entendrons jamais, je le vois, et quand on ne s’entend pas, le mieux est de... j’ai l’honneur de...
GEORGES, baisant la main de Lconie. — Oll! Madame, VOUS
resterez, et cette main que je presse...
léonie. — Cette main vous prie de la laisser libre.
GEORGES, baise la main, l’abandonne et garde le gant. — Sans rien
réclamer?
LÉONIE. — Pardon, SOn gant. (Elle se gante.)
georges. — Rien de plus?
léonie, regardant sa main. — — Sans coquetterie, je ne pense pas qu’il lui manque autre, chose.
georges. — Vous êtes charmante , et je suis un sot.
léonie, se touchant le front. — Non, sérieusement, je vous
BBUNES ET BLONDES.
crois un peu... (s’arrêtant à la porte.) Là, vous m’avez empêcliée de sortir, et les voici.
GEOBGES, à part et regardant la bague. — Pauvre gage... mais
quel aplomb! un cœur si pur; voilà ce que le mariage en a fait.