LA MAISON" DU ROI
bout de vino-t-trois ans. revêtue. i)ar l'arclnterle Jamaer. de ^^a physionomie actuelle. De son gracieux camimnile. durant plusieurs années.
l'uolo NeuiUfiM.
La ^Luson du Roi. Le Musée coiiimunaL
on put, à certaines heures, entendre s'échapper la note cristalline d'un carillon. L'instrument, défectueux, paraît-il. est. maintenant, réduit au silence.
Une visite îi la Alai^on du Roi s'impose à quicoïKjue a le désir de pénétrer dans le passé bruxellois. On }' a rassemblé une partie importante des colleetions de la ville, ensemble assez médiocrement installé mais, à tous les ])i)iiils de \ue. d'un intérêt peu ordinaire.
Portraits jteints et scul]Ués des liommes dont le nom se rattache aux événements dont Bruxelles fut le tliéàtre; monuments dis]:)arus ou transformés; fragments de sculptures c^ui en proviennent; vues, en grand nombre, de la vieille cité; menus faits de son histoire, sans parler d'une quantité de choses instructives ou simplement curieuses qu'il y a, pour tout le montle. ])laisir à connaître et intérêt à retenir. Dans le nombre, nous signalons la garde-robe du fameux marmouset, désigné comme « le plus ancien bourgeois de Bruxelles », 3Ianneken Piss. puisqu'il faut l'appeler par son nom I Des costumes? Hé oui. aux jours solennels il se coiffe d'un tricorne, se ]Kire d'un habit de velours ou de satin, donnés jtar l'I'ilecteur de Bavière et sur lesquels on voit avec surprise l)riller la croix de .Saint-Pouis ! P'insigne. affirment ses historiens, lui fut conféré par Louis X\\ Kt le bonhomme, sans mettre un frein à la fureur des flots. api)araît même i)ortant l'épée !
Certes, il y a des souvenirs d'ordre j)lus relevé. P'on verra, par exemple, les dessins originaux des façades des maisons de la Place. En général, les rez-de-chaussée avaient un aspect plus typique avant l'intervention d'un arrêté interdisant les entrées de cave ouvrant vers le dehors, comme on en voit subsister dans certaines villes de province.
Des peintures, beaucoup intéressantes, mais, pour la i:)lupart, mal éclairées, font également partie des collections de ce musée Carnavalet en raccourci.
Les ])rinci])ales ])roviennent d'un don fait par le collectionneur anglais J.-W. VVilson. dont la galerie fameuse fut vendue en 1873. Wilson était né à Bruxelles; de là une libéralité à première vue peu explicable. Sans discuter la valeur des attributions, nous nous bornons à mentionner les toiles les jjIus dignes d'examen.
Ant. Moro (? : Portrait cV homme ; Hubert Goltzius : Les serments sont pins légers que la plume; Hans Holbein ? : Portrait dliomme; deux portraits excellents d'homme et de femme, par .Michel Mierevelt; Janson van Ceulen : La duchesse de Saiiit-Albaiis: YevA. Bol ; Portrait d'un amiral hollandais, identifiié, récemment. ])ar M. Bredius. avec l'arcliitecte-sculpteur hollandais De Keyser ; Alb. Cuyp ; Portrait de femme ; un treshedu Paysage, de Sieberechts; des Natures mortes, de Snyders, Fyt, Heda, van Beyeren, Jean de Pleem ; un bon Pierre Codde ; le Par-
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trait du iiuirijuis dr Miirigiiv. ])ar J.-.M. Xatlier ; d'autres œuvres encore. Nous en avons dit assez jjour donner au lecteur une idée sommaire de l'intérêt de ce petit ensemble, dont le hasard a rapproché les éléments.
Sur l'escalier, peintures d'intérêt local, et notamment un triptvque du XVI'' siècle, illustrant le travail du métier des « quatre couronnés » : maçons, tailleurs de pierres, sculpteurs et couvreurs-ardoisiers. \ mentionner, aussi, une peinture intitulée: le Compromis des communes, où les magistrats communaux s'engagent à défendre les prérogatives municipales menacées, en matière d'enseignement, par une nouvelle loi scolaire, en 1884.
Des fenêtres de la Maison du Roi, la vue de la Grand'Place est des plus intéressantes et digne, à tous égards, de l'attenticm du visiteur.
La partie postérieure de l'édifice n'est séparée que par une rue étroite, la rue du Poivre, de l'ancienne Boucherie, réédifiée, après le bombardement, par Guill. de Bru}n. D'autre part, se dirigeant, soit par la rue Chair-et-Pain, dont le nom s'explique par le voisinage de la Halle à la Viande et de l'ancienne Halle au Pain, l'actuelle Maison du Roi. ou par la pittoresque rue des Harengs, contiguë à l'édifice, lune et l'autre perpendiculaires au 3larclié aux Herbes, on se trouve pénétrer dans l'intense mouvement d'un des quartiers où se manifeste, avec le plus de i^uissance, la vitalité du grand organisme que nous considérons.
Par la percée, le coup d'œil de l'Hôtel de Ville est extrêmement pittoresque, alors surtout que les avant-])lans sont formés des étalages de fleurs, commerce dont la Grand'Place a eu de temps immémorial le privilège. Le dimanche matin, une grande partie du périmètre est livrée aux marchands d'oiseaux et de chiens. Sous l'effet du soleil, le coup d'œil de la place est absolument prestigieux.
Le <> Manneken Piss ».