‹ Bucarest en 1906Chapitre 13 sur 75 · Eglise Tirchileçti (strada Romanâ), dite · texte numérisé non relu

Eglise Tirchileçti (strada Romanâ), dite

aussi église Dichki du nom de l'un de ses fondateurs, le moine Dichiu; date de 1773.

70. Eglise Udricanulai, bâtie en 1734 par le Clucer Udrican et sa femme.

71. Eglise Verguliii, bâtie en 1725 par Vergu Vartolomei et sa femme la princesse Ancuta ; était appelée aussi Biserica \Domnifei Ancuta, d'où le nom donnée à la rue (Strada Domnifei).

Collect. de l'Académie Roumaine.

Eglise Grecii ou Ghiormei.

72. Eglise Sfânta Vineri-Hereascâ (strada Sfânta Vineri), bâtie en 1645 par l'aga Ni(a, sa femme Jeanne et son fils le spathar Câlin. Il y avait dans la cour des cellules pour les pauvres et trois boulangeries. Elle fut réparée et dotée au XVIII 0 siècle par la famille Herescu-Nasturel. Reconstruite en 1839.

73. Eglise Zlataiilor, bâtie sur remplacement des zlatari (tsiganes orpailleurs) du prince. Reconstruite de fond en comble en I906.

74. Eglise Hagi Dima, bâtie en 1731 ; était le metoh du Métropolite.

75. Eglise Ghiormei ou Hanul Grecii sur l'emplacement de l'actuel Palais Ghica (strada Lipscani et strada Stavropoleos) ; datait du XVI e siècle. Fut incendiée sous le prince Constantin Brancovan ; n'existe plus.

76. Eglise Sf. Ioari cel Mare, bâtie en bois à la lin du XVIe siècle; reconstruite en briques par le prince Constantin Brancovan (1712). Se trouvait sur l'emplacement où est aujourd'hui le Palais de la Caisse des dépôts et consignations.

77. Eglise Manea Brutarul, bâtie en 1777, par le staroste des boulangers Manea.

78. Eglise Mântuleasa, bâtie en 1732 par Manta Precupetul et sa femme Stânca.

79. Eglise Livedea Vâcâreçtilor, bâtie par le général Michel Cantacuzène, qui en fit le metoh de i'évêque de Râmnic. Elle s'élevait là où se trouve aujourd'hui le jardin de l'Episcopie.

Toutes ces églises avaient été richement dotées par leurs fondateurs et le plus grand nombre dédiées aux monastères des Saints- Lieux ou du Mont-Athos ou à des monastères de Bucarest.

Elles étaient administrées par des hégoumènes grecs qui surent capter des héritages, obtenir des donations et leur créer des revenus considérables.

En dehors de ces églises, il y avait aussi les chapelles particulières que les boyards avaient fait construire derrière leurs maisons et celles de plusieurs monastères.

IL y avait aussi à Bucarest une église catholique dès

Le métropolite Filaret II.

le XVI e siècle, la Baraka, qui fut bâtie en 1637 aux frais d'un riche négociant vénitien Locatello. Elle croula vers 1677 et elle fut reconstruite par le prince Grégoire Ghica avec le concours de Dan Radu Nasturel et de quelques négociants chypriotes. Cette église dura peu, car une nouvelle fut élevée au même endroit en 1716.

L'église arménienne date du XVII e siècle ; elle a été reconstruite depuis.

Les églises iuthérienne et calviniste sont du XVIII e siècle. Elles ont été reconstruites sur les mêmes emplacements.

Les Juifs avaient depuis longtemps de petites synagogues dans le quartier Popescu vers Jignitsa, et, au XVIII e siècle, dans le quartier Razvan.

Les églises n'ouvraient pas, comme aujourd'hui, sur la voie publique; elles en étaient isolées par un mur d'enceinte, entourant un espace plus ou moins vaste qui servait de cimetière.

Il existe encore quelques-uns de ces cimetières, depuis longtemps abandonnés, dans les faubourgs. Le mur d'enceinte et le cimetière de l'église Batistea n'a disparu que vers 1880.

Hans '. — Un des traits caractéristiques du Bucarest d'il y a un peu plus de cent ans, était l'existence des hans, immenses constructions qui étaient à la fois des dépôts pour les marchandises venues de l'étranger et des auberges pour les voyageurs.

Imaginez une vaste cour qu'entourent de hautes et fortes murailles en briques percées d'une seule ouverture fermée par une porte de chêne blindée. Au dessus des

1 Le mot han, emprunté aux Turcs, signifie proprement hôtellerie, auberge. On ne désigne plus aujourd'hui sous ce nom, en Roumanie, que les auberges qui se trouvent près des barrières, sur quelques grandes routes ou dans les gros villages.

caves profondes, des magasins voûtés ouvrant sur la cour ; au premier étage des chambres dont les portes et les fenêtres donnaient sur une galerie ouverte à laquelle on accédait par deux grands escaliers couverts se faisant face l'un à l'autre.

Ces hojis étaient construits dans le style italien, type adopté partout dans l'archipel et la édk mer du Xord où les Génois avaient des comptoirs.

C'est à l'abri de leurs murs que la population se réfugiait dans les jours de panique ; c'est au fond de ces caves que les grands négociants venaient enfermer leurs marchandises précieuses, que les boyards, les princes eux-mêmes, aux heures difficiles, cachaient leurs papiers, leur or, leurs bijoux.

Les premiers hans furent construits par les princes pour fournir des revenus aux monastères au moment où le commerce prit un plus large essor (fin du XVII e et commencement du XVIII e siècle), puis par des boyards, dont l'exemple fut suivi par de riches commerçants. Les premiers étaient les L'épicier en gfos -Ap<teto1' grands hans qui tous avaient une église dans leur cour; les autres, les hans dé second rang, sans églises, mais avec des magasins en façade.

Comme ces magasins se louaient très bien, les hégoumènes firent percer les murs de leurs hans pour avoir eux aussi des magasins en façade; ils augmentèrent leurs revenus, mais ils affaiblirent la solidité de la construction, en hâtèrent la ruine et multiplièrent les causes d'incendie.

Nous empruntons au copieux ouvrage de M. lonnescu-

Gion sur le Bucarest d'avant 1800, la liste des hans de la capitale.

1. Han Serban- Voclâ (1683), entre la Lipscani et la strada Doamnei ; les revenus étaient affectés au monastère de Cotroceni. 11 brûla en 1704.

2. Han Constantin- Voclâ qui se trouvait là où s'élève aujourd'hui le Palais des Postes. Les revenus appartenaient au monastère de S1 Georges.

3. Han Filipescu (coin de la strada Lipscani). Il fut cédé en 1713 par Radu Filipescu et ses fils

au Clucer lordake. ' I 4. Han Coltea, con-

tropolite Filaret (fin du XVIII e siècle).

7. Han Filaret- Mogosoaiei (là où est le Théâtre National), bâti par le Métropolite Filaret (fin du XVIII e siècle).

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