CHAPITRE XV
LE QOnflERCE ET L'INDUSTRIE
La chambre de commerce et industrie, la bourse.
V(^Mpr7)es chambres de commerce et industrie ont été créé VKW/) en Roumanie par la loi du 30 Septembre 1864, K|§33 niais elle ne fut appliquée qu'en 1868, qui fut ,Ja^ aussi, l'année où prit naissance la chambre de commerce et d'industrie de Bucarest.
Le pays est divisé en 4 circonscriptions, nous ne nous occuperons que de Bucarest.
Les attributions de la chambre étaient nombreuses
et son activité fut prodigieuse surtout au début, mais malheureusement sa loi organique lui suscitait trop d'entraves et son
autonomie n'était pas assez grande pour lui permettre de jouer le rôle qu'elle était appelée à remplir.
Les premiers membres de cette chambre de commerce fu-
rent Miron Vlasto comme pré- M. g. Assan.
sident; I. V. Socec, Paraschiv
Atanasiu, Constantin Orghidan, C. D. Atanasiu, Ion P. Balanolu et Çtefan Pavel.
Dès ses débuts la chambre éprouva les désavantages
de sa loi constitutionelle et demanda à maintes reprises au ministre, la modification de cette loi ; il est remarquable
Le siège actuel des ehambres de commerce
de constater que presque toutes les réformes économiques et les questions commerciales de tout genres, avaient préoccupé la chambre de commerce bien des années avant
Le futur palais des chambres de Commerce et de la Bourse.
(Architect s. Burcuç).
qu'elles ne lussent réalisées et qui conformément au bût de cette importante institution les gouvernements avaient
tenu compte des raports et des insistances de la chambre, les progrès économiques du pays eussent été beaucoup plus rapides.
C'est ainsi que déjà en 1868 elle demandait la modification de sa loi constitutionelle, modification qui ne fut réalisée qu'en 1886; toujours en 1868 elle eut l'occasion de se prononcer au sujet des monts de piété et s'oposa aux demandes que deux groupes firent dans le bût d'obtenir l'autorisation d'ouvrir des monts de piété. Les monts de piété ne furent créés qu'en 1906 et accordés sous formé de concession à une institution financière.
Elle demandait encore à la même époque l'enrégistrement des firmes, qui ne fut prescrit que par la loi commerciale de 1880, la création d'une école pour apprentis, le repos dominicale qui ne fut admis qu'en 1897, la création d'une bourse officielle que l'on organise en 1881.
En 1880 elle reclame la création d'entrepôts généraux pour la capitale, mais ne réussit à les obtenir qu'en 1886.
Dans le même rapport elle demandait de relier Bucarest à la mer noire afin de donner une nouvelle et puissante impulsion au commerce et à l'industrie du pays entier; cette ligne n'a été construite et achevée qu'en 1895 lorsque fut inauguré le grand pont Carol [ sur le Danube.
C'est en 1885 que fut proposée la loi pour l'encouragement de l'industrie et sur cette question comme sur toutes celles qui pouvaient avoir une influence sur le commerce
Intérieur du nouveau palais de la chambre de commerce.
La bourse.
ou l'iudustrie, le ministre consultait auparavant la chambre de commerce qui donnait son avis avec compétence et que Ton adoptait presque toujours.
En 1889 le maire de la capitale
Mr Em. Protopopescu Pake, songea à supprimer les octrois et inspiré par la réforme similaire belge, proposa un système que la Chambre adopta, mais qui légèrement modifié, ne fut appliqué qu'en 1903 par le ministre des finances Em. Costinescu qui réalisa ainsi une grande réforme utile au commerce du pays. Ce même maire avait également proposé la création de deux antrepôts à Bucarest, le rachat du marché de moschi, m. t. h. Tudorache. l'instalation d'un marché aux bestiaux aux abatoirs, la création d'une gare centrale et la construction d'une halle centrale sur la place Bibescu-Vodâ. Ce fut certainement le maire qui fit le plus d'embellissements et le plus de travaux utils à la capitale, encore ainsi que nous voyons, une grande partie de ses projets ne furent pas réalisés.
La gare d'Obor a été construite grâce aux insistances de la chambre de commerce.
Enfin en 1904 fut votée la loi qui réorganisait la Bourse et ces deux institutions sœurs purent s'entr'aider utilement dans leur tâche si fertile.
La Bourse en effet bien que de création rélativement ancienne, puisqu'elle date
Perspective de la rue Doamnei avec ta mais. m Paul Schuele.
de 1881 — ne donnait pas les résultats attendus; le contrôle de la part de l'Etat n'était pas suffisant, les dispositions de la loi méconnues, et le commerce sérieux souffrait de l'incertitude des opérations et surtout des fluctuations extraordinaires que l'arbitraire faisait subir aux effets.Une réorganisation s'imposait, ce fut la loi de 1904 qui l'apporta et ses effets
salutaires se firent aussitôt sentir. La Chambre de commerce— logée rue Doamnei, dans l'ancienne maison de Mr. P. P. Carp
L'ancienne maison Riosanu.
rue Aeademiei.
ainsi que la Bourse
logée dans la maison formant le coin de la rue Doamnei et de la rue de l'Académie, que fut autrefois là banque Poumay, — occupaient des locaux peu dignes de ces institutions et surtout peu apropiés à leur destination. A la suite du don que leur fit le ministère des Domaines, du terrain situé sur la rue Doamnei au coin de la rue Smardan et qu'occupait jadis le vieille poste et dû à l'initiative et l'intérêt qu'il y mit, Mr. Georges Assan son président, la chambre de corn-
La nouvelle maison de M. Rioçanu.
rue Academiei.
merce a ouvert un concours international pour un plan qui répondit dans son ensemble à toutes les exigences et
permit d'élever un palais qui lut digne de la chambre et de la Bourse auxquelles il était destiné; ce fut Mr St.
Burcu§, architecte roumain qui obtint le 1-er prix et les travaux pour l'éxécution de son projet ont déjà commencé.
La chambre de commerce a figuré à l'Exposition où elle avait son pavillon propre qui par des graphiques et sa collection de bulletins périodiques faisaient voir quelle avait été son activité jusqu'à ce jour.
Mr G. Assan le président de la Chambre de Commerce, secondé dignement par Mr. Chr. Staicovici son sec-
L'hôtel de M. le Dr. Gerota.
rue G. C. Cantacuzino.
Maison de M. Al. Ghica. (Calea Moçilor).
retair, ont tout le mérite d'avoir mis cette institution sur le même niveau que les autres institutions similaires étrangères.
LE PETROLE
Notre pays occupe dans la production du pétrole le quatrième rang et dépassera bientôt, si la progression se maintient, la production des Indes néerladaises.
Le capital employé dans cette exploitation augmente de jour en jour, il ateint environ 190.000.000 frs sur lesquels la part du capitale roumain est de 16.000.000 francs.
Le capital allemend, le plus important, est de 74.000.000 frs, le capital
français figure pour 31.000.000 frs, le hollandais pour 22.000.000 frs, l'italien pour 15.000.000 frs, le capital américain pour 1 2.500.000 frs, le belge pour 5.000.000 frs, l'anglais pour 3.000.000 frs, etc.
Une grande partie de la production s'exporte. — En 1906 on a exporté 321.119 tonnes, pour une valeur de de 26.000.000 frs. Sur ce nombre, il y avait 53.374 tonnes de pétrole brut, distillé et de ga-
zoline; 196.631 tonnes de pétrole lampant et 71 .1 14 tonnes de benzine.
A la fin de Décembre 1906 il éxistait, pour l'exploitation du pétrole en Roumanie, 37 sociétés par actions et 16 associations ou syndicats.
La principale de ces sociétés est la société anonyme Steaua Românà (l'étoile roumaine) au capital de 30.000.000 frs entièrement versés et qui date de 1895; le siège delà société est à Bucarest Boulevard Carol, mais ses chantiers
Sonde de la Société Busthenari construite à l'Exposition par l'arch. A. Clavel.
sont en Prahova, Buzeu, Bacau et Neamtz. Au début le capital social ne fut que 2.400.000, puis passa à 10.000.000 à 17.000.000 à 24.000.000 et fut enfin porté le 6 Décembre 1905 à 30.000.000 frs. La société travaille sur 305 hectares, et possède une réserve de plus de 30.000 hectares dans les régions pétrolifères.
En 1906 sa production de pétrole a été de 328.330 tonnes.
La Steaua pour raffiner son pétrole, a trois grandes instalations à Bucarest, Moinesci et Cîmpina; cette dernière est la plus belle d'Europe. Elle possède encore un atelier pour la fabrication et la réparation des outils de sondage, 160 klm. de câbles éléctriques pour le transport de la force motrice utilisée aux sondages, des réservoirs de 200.000 tonnes, 250 klm. de conduites pipe-line, une vaste instalation de réservoires à Constantsa et une fabrique de caisses et bidons à pétrole, — 363 wagons citernes, 5 bateaux. — La société possède en outre dans le pays 15 grands dépôts pour la vente de ses produits.
En 1906 elle a extrait 313.917 tonnes de pétrole brut, dont elle a obtenu par sa fabrication: 29.217 tonnes de benzine, 100.724 tonnes de pétrole lampant, 25.542 tonnes de gazoline, 7.960 tonnes d'huiles lubrifiantes et 120.604 tonnes de résidus. Sur cette quantité elle a exporté 161.247 tonnes.
Pour l'exportation du pétrole en Allemagne du Sud la société possède sur le Danube des instalations à Giurgiou, Buda-Pesthe et Reghemsbourg.
Son bénéfice brut en 1905 a été de 4.759.398 fr. et le bénéfice, net de 1.566.172 fr.
La réprésantation et la direction supérieure des affaires est confiée au suivant Conseil d'administration; Mr Arthur Gruimer, directeur de la Deutsche Bank de Berlin, Président; M. Jean I. Boamba, avocat de Bucarest et Mr Félix Kuranda, directeur de la Wiener Bank-Verein de Viene, Vice-Présidents ; Membres: MM. Dr. W. de Adler,
Le magasin de charcuterie de la Le magasin
fabrique L. Patac. de pâtisserie H. F. Kirsch.
rue Carol. rue Carol.
directeur de la Wiener Bank-Verein de Vienne, Georges I. Boamba propriétaire à Bucarest, E. Heinemann, directeur de la Deutsche Bank de Berlin, Dr. Arthur Herz directeur de la Deutsche Petroleum de Berlin, Erhard Wolf de Bucarest, J. Szeculicï de Bucarest, le prince D. Stirbey de Paris, Hottinguer de Paris, R. Duval de Paris.
La direction générale de la Société est confiée a Mr George Spies, et aux différentes branches de l'entreprise, fonctionnent MM. A. Gûnther et R. Kirschen comme directeurs commercials, A. Mûller, directeur des sondages et 0. Schaarschmidt directeur des fabriques de Campina.
La vente de ses produits se fait dans le pays par 15 dépots propres spécialement instalés dans les principales villes.
La société possède un bureau à Berlin, Kanonierstrasse No. 9.
La Société anonyme „Aurora" a été primitivement fondée en 1898 à Ploesti au capital de 150.000 frs; en 1899 la société petrolifère internationale roumaine d'Amsterdam, fusionna avec l'Aurore dont elle conserve le nom, transporte le siège à Bucarest actuellement rue Paleologu et élève le capital à 6.500.000 dont 3.250.000 frs. versés.
Cette société possède une raffinerie à Baicoi qui peut traiter jusqu'à 900 tonnes de pétrole par jour et une autre à Tirgoviste.
Les fabriques en 1905 — 1906 ont produit en tonnes.
Benzine .
^intérieur . . . 14.844 \export . . . 2.777
La Société utilise 282 Wagons-tauks et possède 89 réservoirs d'une capacité de 34.987.000 litres. Au compte du capital investi l'on trouve en 19001a somme de 1.420.899
frs. et en 1905 — 7.699.680 frs. Les dividendes payés ont été de 5.50o/o en 1900, de 7.87% en 1904 et de 6% en 1905.
La société la plus intéressante au point de vue de l'organisation est celle formée par le consortium allemand de la Disconto et S. Bleichroder, cette société est constituée par quatre sociétés distinctes se complétant les unes les autres, tendant toutes avec des attributions diverses au développement de la même industrie.
Ces sociétés sont: la Telega Oil C-ie Ltd., Busthenari, Vega et le Crédit pétrolifère.
La Société „Româno-Americanà" a été constituée comme société anonyme en Juin 1904 au capital de 2.500.U00 frs. porté en 1905 à 5.000.000 puis en 1906 à
Les rafineries de la „Româna-Americana".
12.500.000 frs.; son siège social est à Bucarest. Cette société tout en possédant de nombreux terrains dont elle exploite une partie, développe surtout son activité dans la raffinerie.
Le premier Conseil d'Administration, lors de la constitution de la société, a été composé comme suit:
Président Mr B. G. Assan, Vice- Président, Mr Georges Negropontes, Membres, Messrs : D. Dobrescu, Virgil Arion, W. G. Boxshall, W. M. Page et J. E. Eggleston.
Administrateurs délégués: W M, Page & J. E. Eggleston, Censeurs: Messrs Th. Stefanesco, I). Hernia, C. N. Nicolesco; Supléants: Messrs Emil Socec, Th. Crivetz & Ernest Rosetti.
Les établissements de la société sont:
1) La raffinerie de Pétrole et de ses dérivés, à Bereasca de jos, commune Ploestiori, district de Prahova, près la station „Halta Teleajen" sur la voie de fer Ploesti- Buzeu.
2) Une station d'exportation avec des réservoirs, pompes, ligne de garage, instalés sur un terrain, propriété de la société, situé près la voie de fer, entre les stations Constantza et Médéa.
Les réservoirs, de cette station d'exportation, sont liés par des conduites (Pipe-Line) aux réservoirs de pétrole de l'état du port de pétrole de Constantza.
3) Un nombre assez large d'exploitations pétrolifères à sondes dans différentes localités des districts de Prahova et Bacau.
Les plus importantes constructions, et instalations de la société ont été exécutées pendant la période — Février 1905— Avril 1907 — sous les auspices de Mr H. P. Chamberlain, comme Administrateur délégué, qui a voué aussi son précieux concours au dévéloppement des entreprises de la société.
En déhors de la vente de ses produits dans le pays, la société en a fait un export important pour divers pays à l'étranger.
Le Conseil d'Administration actuel de la société est composé comme suit: Président Mr B. G. Assan; Vice- President, Mr D. Dobrescu ; Membres, Messrs : Virgil Arion, N. R. Capitaneanu, W. G. Boxshall, Nelson K. Moody et W. C. Brower.
Administrateurs délégués: Nelson K. Moody et W. C. Brower.
Censeurs: Messrs Th. Crivetz, D. Hernia et C. N. Nicolescu.
Suppléants: Messrs Emil Socec, V. T. Cancicov et Ion Peretz.
„Colombia", Société Franco-Roumaine ayant un capital d'actions de 3.500.000 frs. et 1.700.000 obligations.
Cette société fut fondée en Octobre 1905, avec un capital de 1.200.000 frs., et prit les travaux de Bustenari de la raison Ruzicka, Elias & Taubes avec 5 sondes. A la fin du mois d'Avril 1906 le premier bilan après 6 mois donne un bénéfice de 190.747.07 frs. ainsi reparti: 45.070.71 frais d'exploitation et administration; 57.096.96
Les sondes de la Société „Colombia".
amortissements et 88.579.40 profit. La société fut agrandie en 1906 au mois d'Août, par l'achat de nouveaux terrains de Bustenari. A cette occasion le capital fut augmenté à 2.800.000 frs., quand une émission d'obligations fut faîte à taux fixe de 5%, amortisable en 12 ans. A cette époque la société possède 17 sondes. La bilan clos au 30 Avril 1907, fut soldé avec un bénéfice de 1.112.022,27 Francs.
On paya une dividende de 16% par an pour le délai de temps du 1 Mai au 30 Juillet 1906 et à un capital de
1.200.000 frs; Une dividende de 14% pour 1 Août au 30 Avril 1907.
La quantité de pipe-line extraite du 1 Août au 30 Avril 1907 fut de 2700 vagons, soit 300 vagons à 10.000 kgr. par mois.
Le conseil d'administration est composé par MM. Barbe, S. Delavrancea, ancien maire de Bucarest, avocat, comme président.
Démêtre Zarifopol et Achille Levy Straus, vice-présidents.
S. Rosental, Herm. Spayer, A. Blank, Lazar, I. Elias, comme membres.
Administrateur délégué et directeur général M. Lazar I. Elias.
Censeurs: MM. N. P. Romanesco ancien maire de Craiova, M. Prager et Léon Ruzicka industriels.
Directeur M. G. Many, professeur à l'école des ponts et chaussés.
La fabrique de bièrre „Oppler".
Parmi les grandes et plus anciennes industries de Bucarest il faut compter les fabriques de bière, dont quatre valent la peine d'être citées et qui prennent un développement de plus en plus considérable par suite de la pé-
nétration de la bière comme boisson habituelle, dans les campagnes, où, jusqu'à présent, l'on accoutumait exclusivement l'eau de vie de prunes — tsouica — et autres alcools si funestes à la santé. Du reste pour encourager cette tendance, l'Etat a progressivement abaissé les taxes fort
élevées qui précédemment grévaient la bière, ainsi en 1895 la taxe fiscale était de 30 ;frs. par hectolitre, il y eut, tpour tout le pays, une production de 4.396.625 litres de bière, dont on vendit 4.190.762 litres, ce qui procura à l'Etat un revenu de 1.257.228 frs.
En 1896 par la loi du 22 Août, on abaisse la taxe à 15 frs. par hectolitre, cette année il y eut une production de 6.476.186 litres, dont on vendit 5.289.883 litres et l'Etat perçût 793.482 frs. 45.
En 1906 on fabriqua 14.564.155 litres, on vendit 13.084.21 5 litres, l'Etat perçût 1.962.630 frs.
Sur cette quantité de 14.564.155 litres fabriqués en 1906 jles fabriques de Bucarest qui sont les principales du pays ont fourni:
Litres Litres
Bragadir 5.536.344 Oppler . 1.670.844
Luther (aujourd'hui Czell) 4.009.164 Basilescu 951.213
Ces fabriques situées dans les quartiers exentriques de la ville ont des installations toutes modernes et de grands jardins où se rend en été le public bucarestois
pour y entendre de la musique et y boire de la bière; Oppler et Bragadir ont également des salles de fête où ont lieu l'hiver des bals et dans le temps chez Oppler un théâtre de variété que fréquentait le Bucarest élégant.
Les fabriques Assan. — En sortant de la „Calea Mosilor" du côté de l'emplacement où a lieu chaque année la foire .jnosi" à une petit distance et à gauche de la barièrc. s'élève l'imposante bâtisse des fabriques Assan.
L'historique de ces fabriques a une grande importance pour l'industrie roumaine.
Fondées par feu Mr. Georges Assan, le père des actuels propriétaires, le commencement de cette grande in-
Les fabriques Assan.
dustrie, fut très modeste: une petite instalation de presses pour l'huile mises en mouvement par la force humaine et quelques pières à moudre les grains mises en mouvement par les chevaux. Doté d'un grand esprit commerciel, le défunt Georges Assan père, se rendant compte de l'importance qu'a la force motrice dans l'industrie, fit venir et installa avec bien de peines en 1853 la première machine à vapeurs de la maison Siegel de Vienne.
A entendre l'histoire de la manière dont on fit transporter dans le pays cette machine, on croirait à un conte fantastique; ainsi pour le transport de cette machine d'un
poid de presque 7000 kilos, on a employé quatre semaines de Giurgevo à Bucarest, tandis que de Vienne à Giurgevo on n'avait mis que deux semaines par voie du Danube; car on devait refaire et consolider tous les ponts et petits ponts par où devait passer un poid relativement grand pour ces temps.
La première (cos) cheminée qu'on fit bâtire n'avait qu'une hauteure de 24 métrés, hauteure relativement petite pour les temps actuels, mais pour ce temps c'était une hauteure importante. Le moulin de Colentina était devenu un point de curiosité pour Bucarest et ses environs. Ce qui est plus caractéristique, c'est qu'une fois que le moulin à vapeur fut mis en mouvement, il a été impossible de décider les boulangers à venir faire moudre leur blé à ce moulin, car prétendaient-ils si tout cela est mis en mouvement par le feu et qu'il en sort de la fumée, il est impossible que la farine ne brûle pas.
Ce n'est qu'un dur hiver qui gela les eaux des moulins, qui les força quelque temps après de se décider à venir taire moudre à la fabrique Assan. Malheurensement Georges Assan père mourut trop tôt, en 1866 à l'âge de 45 ans et ce fut à la veuve de continuer cette grande œuvre industrielle jusqu'en 1884 quand ses fils Georges et Basile Assan ayant términé leurs études à l'étranger, vinrent continuer avec beancoup d'ambition, énergie et force de travail cette industrie qui fait aujourd'hui honneur à notre pays. Depuis ils firent peu à peu une transformation radicale à l'utilage et l'emmenèrent au courent du progrès moderne. Aujourd'hui sur le même terrain de quatre hectares s'y trouvent 5 industries importantes:
— Une fabrique d'huiles végétales qui peut presser et extraire au moyen de la benzine jusqu'à 2 vagons de grains huileurs par jour.
— Un moulin qui peut moudre 7 vagons de blé en 24 heures.
une fabrique de vernis, couleurs et autres articles
qui a été créé il y a dix ans et qui prend une bonne partie des matières primes, comme huiles sicatives de chanvre et autres de la fabrique d'huiles.
Une fabrique de mastique et graisse consistente pour les machines agricoles et une fabrique de végétaline extraite de la noix de cocos fondée cette année et qui produit 1000 kilos par jour.
Les huiles sont extraites selon toutes les régies techniques et moyenant les installations les plus pérféctionnées.
Les gomes. résines, copahus dont on se sert pour la fabrication des vernis, sont importés de l'Asie, l'Afrique et l'Australie. Le plus éloigné endroit de provenence c'est la Nouvelle Zélande, ainsi que Zanzibar, Manila, Siéra, Léona, Mozambic, etc. La valeur anuelle des vernis dépasse la somme de 250.000 frs. malgré la concurence des vernis anglais protéjés par les taxes de douane trop petites. Les huiles sont vendues dans le pays; on n'exporte que les résidus de leurs fabrication. La consommation anuelle des huiles végétales dans le pays s'élève a 8 millions kilos d une valeur de presque 6.000.000 frs. De ces 8.000.000 kilos, 2.000.000 sont fabriqués dans le pays le reste y est importé dû aux avantages des tarifs de la douane. Cette industrie a un grand avenir chez nous.
L'installation du moulin est des plus modernes. La pierre a moudre a disparu pour faire place aux cilindres en acier et en porcelaine entre les quels le blé et les autres produits passent 15 à 16 fois jusqu'à ce que l'opération soit complète. Les machines de ce moulin moderne sont aussi compliquées que la diagrame qui représente la voie dont passe le blé dans le moulin.
L'industrie du moulin a accaparé depuis 20 ans tout le commerce intérieur du pays, ne permetant plus l'importation des farines de Hongrie.
Le moulin Assan moud jusqu'à 7 vagons de blé par jour produisant jusqu'à 4 vagons de farine pouvant alimanter la 3me partie de la population de Bucarest, c'est
à dire 100.000 hommes par jour et produit des marchandises d'une valeur de 3.000.000 anuelle.
La farine et les autres produits du moulin Assan, sont vendus dans tout le pays. Les boulangers font le moulinage du blé dont ils ont besoin, à leur compte.
La société générale des sucreries et raffineries en Roumaniee — La première fabrique de sucre qui fut crée en Roumanie, est celle de Sascut qui date de I874, puis le prince Nicolas Bibescou construisit la fabrique de Chitila en 1 876, plus tard en 1898, fut construite la fabrique de Marashesti.
En 1899 la fabrique de Sascut devint la propiété de „La société générale des sucreries et raffineries en Roumanie", qui construisit également la sucrerie et raffinerie de Roman. La fabrique de Ripiceni fut construite par une société française et celle de Brânceni, par un consortium Anglais.
Ces diverses fabriques représentent un capital important dont: La fabrique de Roman et Sascut 9.000.000 frs; Marashesti 4.500.000 frs; Ripiceni 3.500.000 frs; Chitila 2.000.000 frs. Donc un total de 19.000.000 frs., outre la fabrique de Brânceni, qui ne travaille plus.
La production de ces fabriques a toujours été en augmentant sauf une légère baisse en 1902 et 1904 qui provenait de l'état économique générale.
La production en tonnes a été pour chaque fabrique en 1906:
Roman-Sascut 12.690; Marashesti 7.327; Ripiceni 4.189; Chitila 4.379 Donc un total de 28.585.
La consommation du sucre en Roumanie se généralise de plus en plus et bien que nous soyons encore loin de la proportion de la consommation du sucre par tête, dans les autres pays, la marche suivie assure à cette industrie les plus heureuses perspectives.
La consommation en I906 pour le pays entier et en
rapport avec la marche de l'importation et de l'exportation fut de 21.700 tonnes.
Dans cette quantité Bucarest entre pour 549 vagons.
Ce qui représente une moyenne de 3 kil. 6 par an et par tête pour le pays et de 18 kil. par tête pour la capitale.
Cette industrie tend à se développer de plus en plus en même temps qu'elle encourage la culture de la betterave qui trouve un excelent terrain dans le sol roumain et donne une forte proportion de matière sucrée.
La direction de ces usines a été confiée; Roman- Sascut, à Monsieur Raymond Raeymachers, administrateur-delegué et Monsieur Jules Lesuisse, directeur général ; Marashesti, à Monsieur H. Economos, administrateurdélégué; Ripiccni. à Monsieur Maillassoux, administrateurdélégué: Chitila, à Monsieur Maurice Blank, administrateur-delegué.
La fabrique de briques de Mr. Hagi Tudorake de
Hcrastrau, qui fut tout d'abord construite en 1894 par une société en comendite à laquelle l'actuel propriétaire racheta la fabrique. La production est d'environ 7 millions de briques de toutes espèces par an. La famille Hagi Tudorache est une vieille famille de négociants, le père Tudor Hagi Tudorache originaire de Curtea de Arges, était de son temps le plus important commerçant de Bucarest, ses magasins occupaient l'espace de la place St Georges et furent détruits lors du grand incendie de 1848; plus de 3.000.000 1. v. de marchandises périrent, néanmoins il se releva grâce au crédit que l'étranger lui accorda en vue de son passé et sa parfaite honetête.
Toujours en 1906 a été fondée la Société roumaine de cotonnage „Colentina", située chaussée Colentina No 84, pour la fabrication des tissus blancs de coton et autres en général, comme chifonerie etc.: la matière première est importée d'Angleterre. La fabrique est conduite par Mr W. A. Marsden.
Parmi les grandes industries du pays, la fabrique de Mr E. Wolff, rue CuÇitu de argint, occupe une des premières places.
Fondée en 1877 avec 27 ouvriers, elle en possède aujourd'hui de 650—850; son capital est de 1.500.000 frs, et son industrie métallurgique prend unjgrand développement à la suite de l'outillage perfectionné qu'on y a introduit. C'est incontestablement la plus importante fabrique
Usine de la fabrique E. Wolff.
du genre dans tout le pays. C'est elle qui a construit et installé les 15 réservoirs de 500 wagons chaque, du port de Constantza, l'estacade de Braila, et bien d'autres grandes constructions en fer, qu'auparavant on n'eut pu exécuter dans le pays. La maison possède un bureau technique rue S-tu Dumitru.
La fabrique „Stella", de savons et bougies de stéarine et parfums, — chaussée Colentina No 66 — date de I883, et produit aujourd'hui d'excellents fabriqués qui couvrent en grande partie les besoins de la consommation
pour tout le pays, elle a reçu de nombreuses distinctions à divers expositions et a été classée „hors concours" à celle de l'an 1906 pour ses savons fins, médicinaux, ses bougies de luxe etc. Elle emploie 45 ouvriers et appartient au Dr I. Hofmeier de Gratz ; c'est Mr Th. Bartsch qui la dirige.
La fabrique de chocolat C. I, Zamfiresco, boulevard Elisabethe 38. Jusqu'en 1870, la consommation du chocolat est insignifiante. À partir de cette date, on commence a introduire et a consummer dans le pays, le chocolat et le cacao introduit surtout de la Suisse et de la France et la consommation augmente petit à petit.
En 1891, l'industriel français F. Bresson, fonde la
Un intérieur de la fabrique de chocolat C. I. Zamfiresco.
première fabrique de chocolat à Bucarest. Cette fabrique passe en 1898, dans la possession de M. C. I. Zamfiresco qui continue aussi aujourd'hui d'être le propriétaire.
M. C. I. Zamfiresco, donna à sa fabrique en 1906 tout le confort demandé par le progrès de cette industrie, ainsi que ses produits rivalisent avec ceux de l'étranger. La vente faite pendant la dernière année a été de 800.000 frs. de cette somme presque pour 350.000 frs. a été consummé par la capitale, ce qui représente 90°/o de surplus par raport à la consommation faite au début de la fabrique.
Une des grandes installations industrielles de la capitale est la maison de commerce Socec & Co., maison de librairie fondée à Bucarest en 1856 par Ion V. Socec un des plus actifs membres de la chambre de commerce dont il fit partie depuis sa création (18o4) jusqu'à sa mort. En 1871 la maison installa une typographie, puis une fabrique de cartonnage, une lithographie, zincographie et aujourd'hui c'est la première institution d'arts graphiques en même temps que de librairie du pays.
La maison dirigée par les frères
M. Ion V. Socec.
Jean et Emil Socec a été transformée en 1905 en société par actions.
L'ancien local de la librairie, actuellement dans la Calea Victoriei, vient d'être démoli, et sur le même emplacement on verra bientôt surgir un imposant édifice destiné au même bût. Pour la fabrique qui se trouvait rue Berzei la maison vient de faire construire une magnifique bâtisse rue Lipseani, d'après toutes les exigences modernes d'une pareille industrie et dont nous donnons la gravure.
Les ateliers „Socec & C-ie'
B. Gaiser Calea Grivitzei 138; fabrique de produits métaliques. Elle fut fondée en 1859 par M. Baptiste Gaiser, n'ayant à son emploi que 5 ouvriers. Aujourd'hui elle
Intérieur de la fabrique B. Gaiser.
emploie 120 ouvriers, avant une installation moderne, conduite par la force motrice. Elle est dirigée par MM. Rudolf et Albert Gaiser.
La fabrique de machines et appareils de sondages Henry Mayer & C-ie de Nuremberg a installé une succursale à Bucarest — rue Pensionat — et une fabrique du même genre à Ploeshti. Elle a éxécuté les sondages de Aquila-Românâ, Stejar etc.
Les machines à écrire Yost sont introduites en Roumanie depuis presque dix années et due à leure réputation mondiale, la maison a réussi a placer dans le pays plus de 3.000 machines dont au Palais Royal, aux ministères et aux différentes autorités de Bucarest et de la province etc.
La représentence de ces machines est confiée à Mr M. Segaller, qui les représente dignement et à qui on doit aussi la création à Bucarest d'un cours gratuit pour l'écriture à la machine, ce qui donne le moyen d existences à beaucoup de demoiselles pauvres.
Une industrie nouvelle et modeste a été créé en 1901 rue Isvor par L. Abramovici qui fit une fabrique de meubles en fer et en bronze ainsi que divers articles de ménage, en fer émaillé, bronze, fonte etc.