‹ Bucoliques (volume 2)Chapitre 29 sur 40 · UNE ROSE D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

UNE ROSE D'AUTOMNE

. C'est une houppe de senteur, c'est un nid d'ailes de papillon. C'est une étoile de la danse.

Elle s'épanouit trop vite dans une flûte d'eau pure, près de la lampe. Chaque matin je donne un coup de canif à sa tige. Elle qu s'élançait gracieuse, elle ne sera bientôt qu'jme naine. Déjà elle perd pied, et le col de sa flûte la serre.

Elle regarde toujours de mon côté d'un œil voilé| de multiples paupières.

Ou, si je dis des vers, elle m'écoute, comme une oreille penchée.

Ce soir, sa première feuille tombe, avec le bruit seulement qu'il fallait pour m'avertir.

Puis une autre se détache. C*esl son automne qui commence.

Elle ne se dépouille qu'à regret, et s'arrête souvent, prise de pudeur.

Il faut que je Taide, que d'un doigt sensuel, j'écarte ses dessous à peine rosés et que j'aille jusqu'au cœur.

Et le cœur aussi se désagrège.

Longtemps ses parfums lui survivent et flottent, libres, autour de moi.

Des feuilles mortes, j'applique à mon front les plus fraîches, que la chaleur recoquille.

Je mâche mélancoliquement le reste.

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