DE I.A CONVERSION
peinent de prospérité qui en résulta fut immense ; jamais on ne s'était porté avec plus d'ardeur vers les entreprises de travaux publics ; la hausse des valeurs devint générale, et le prix des immeubles et des terrains se releva sensiblement par l'effet inévitable de la baisse de l'intérêt.
Le moment de réaliser une pareille opération est donc venu.
Commandée par l'intérêt de nos finances, elle est à la fois nécessaire et politique ; elle est surtout essentiellement démocratique.
Imaginée, en 1824, par M. de Villèle, dans le but de se servir de l'économie obtenue pour donner une indemnité d'un milliard aux émigrés, aux anciens propriétaires de biens nationaux, elle échou.,*devani la résistance de la Chambre des pairs. Celte assemblée considérait le principe de la réduction de la Rente comme une atteinte à la propriété ; elle refusait même à l'État le droit de se libérer par le remboursement au pair de ses dettes, bien que ce droit fût consacré par nos lois civiles, bien que sous l'ancienne monarchie, Sully et Colbert l'eussent exercé pour rembourser une partie de la dette nationale.
Cette mesure fut encore tentée à plusieurs reprises sous le gouvernement de Juillet, et quoique adoptée par la Chambre des députés, en 1838, en 1840 et 1845, elle échoua constamment devant la résistance de la Chambre des pairs, et fut abandonnée par la crainte qu'éprouvait le Gouvernement de mécontenter les classes bourgeoises, dont il tenait sa principale force.
Sous l'Empire, elle a été réalisée deux fois avec succès, d'abord en 1852 par M. Bineau, puis par M. Poulden 1862.