DE LA CONVERSION
Quel usage fera-t-on de cette économie ?
La conversion de notre 5 pour 100 en 4 1/2, dont le cours est actuellement si rapproché du pair, aurait pour résultat naturel d'arrêter l'essor de la hausse qui ne peut manquer de se produire si nous sommes assez heureux pour conserver les bienfaits de la paix, et, de plus, de limiter l'économie qu'on peut espérer de la réduction tant pour le présent que pour l'avenir. Si en effet on adoptait ce mode de conversion, on serait obligé de donner aux rentiers, comme on Ta déjà fait en 1852, la garantie qu'ils ne seraient pas de nouveau réduits ou remboursés avant dix ans.
Par le temps qui court, ce délai pourrait avoir des inconvénients.
La conversion en 3 pour 100 nous semble de tous points préférable, par la double raison que l'économie à obtenir peut être plus forte, et que la réduction, quoique plus dure pour le rentier, serait largement compensée par l'espoir, par la certitude même d'une amélioration plus ou moins importante de son capital.
Au cours actuel, le 3 pour 100 ne produit pas 4 1/3 pour 100 d'intérêt, et ce fonds s'élèverait inévitablement beaucoup plus s'il devenait, comme autrefois, l'unique objet de la spéculation en fonds publics; si, débarrassé delà concurrence du 5 pour 100, dont la hausse est forcément enrayée par la prévisision de la conversion, il pouvait être considéré comme donnant la vraie mesure du crédit de l'État. Ce crédit ne peut que s'améliorer, l'équilibre de nos budgets étant désormais acquis par le seul fait de l'accroissement progressif des produits de l'impôt.
Rappelons, à propos d'accroissement rapide des fonds publics,, l'emprunt 5 pour 100 qui eut lieu, en 1818, dans des
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