À ; ; 1 AT 360 BUDGET, TRÉSOR ET PONBOE D
ils savent qu’on ne lui plaît pas toujours en se dévouan à ses véritables intérêts et que souvent elle aime mieux à être trompée par de belles phrases que servie par des | actions utiles. Cette tendance fâcheuse ñe se manifeste nulle part avec plus d'intensité que sur le domaine économique et financier. Ces questions, simples en apparence, sont compliquées en réalité, difficiles à bien connaître, multiples dans leurs répercussions. Précisément à cause de l'ignorance où sont la plupart des hommes à leur égard, les politiciens peuvent les tromper aisément en ces matières et leur présenter sous le jour le plus faux des solutions dangereuses ou des expédients condamnables.
On parle constamment de l'éducation populaire et de la nécessité de la développer. Il n’est pas de domaine sur lequel on devrait avoir plus de hâte à le faire que celui du budget. Ce compte annuel des recettes et des dépenses de la nation approche aujourd'hui de 4 milliards et demi de francs, et correspond par conséquent à un chiffre d'environ 1 200 francs par habitant, femmes et enfants compris. Que l'on songe aux nombreux ménages dont le, budget ne s’écarte guère de ce chiffre, et l'on mesurera l'importance qu'il y a pour chaque citoyen à surveiller le train de maison de la République française, en même temps que le sien propre. Ces réflexions nous. reviennent une fois de plus à l'esprit en lisant le voiume que M. Pierre Baudin, ancien ministre des travaux publics, vient de consacrer à notre budget et à son déficit chronique, mal qui paraît de plus en plus difficile à guérir.
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La première critique que l’auteur adresse à notre comptabilité publique est de rester fidèle à l'antique |
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on du compte annuel, qui enferme dans le cadre \ es douze mois l’ exécution des services financiers. est elle qu il accuse d'avoir amené la décadence de : otre marine, en provoquant la restriction des dépenses e premier établissement. D'une façon générale, il est ertain que les budgets industriels de l'État, ceux des manufactures, des chemins de fer, des postes, des téléraphes, des téléphones, des travaux publics en un mot, mportent des programmes à longue échéance; ceuxsont incompatibles avec une prévision qui n’emrasse qu'un espace de temps minuscule par rapport celui qui est nécessaire à l'accomplissement des ravaux. Dans d’autres pays, comme l'Allemagne, on a dressé des programmes s'étendant à six, douze, dixuit ans, grâce auxquels la construction de la flotte Lo est poursuivie régulièrement.
- M: Baudin indique les expédients multiples au moyen desquels, pendant nombre d'années, les minis- “ires « nourris dans le sérail, et en connaissant les détours » ont pu assurer tant bien que mal /’ équilibre Fr ‘des exercices : d’abord par des conversions, puis par \ des liquidations de comptes arriérés, par la capitalisalion immédiate des annuités promises par la Chine à la cuite de l'insurrection des Boxers. Mais ces ressources ont une fin, et le déficit apparaît. Les dépenses de la . dette, de 1872 à à 1908, ont passé de 1 075 à 1 138 millions, bien que le taux de la rente ait baissé de 5 à 3 pour 100; et encore ce chiffre ne comprend-il pas les ons militaires. Les dépenses militaires ont doublé, … passant de 712 à 1436 millions. Les frais de régie ont passé de 241 à 530 millions; l'instruction publique de 34 à 272; les travaux publics de 109 à 219; et l'ensemble des autres services de 428 à 469 millions. Les subventions à la marine marchande, qui n’existaient “pas en 1879, coûtent en 1908, 42 millions; les primes à la viticulture et à la filature de la soie, 11 millions;