‹ Bustes & masquesChapitre 63 sur 84 · DELIBES · texte numérisé non relu

DELIBES

ques de la cité. Pendant quelque temps , membre du Conseil général, Delibes y affirma sa compétence dans plusieurs questions et notamment dans les questions d’enseignement. Il y remplit enfin un rôle utile et apprécié. Mais un jour le corps électoral le rejeta brutalement dans la vie privée, sans tenir compte de ses services. Les démocraties ont parfois de ces retours d’opinion que l’on ne s’explique guère, mais qui n’étonnent plus personne. Bien que n’étant plus mêlé à la politique active, Delibes n’en est pas moins demeuré un personnage dont on s’occupe et qui a surtout acquis une notoriété comme conférencier, comme orateur facile et disert. Nul mieux que lui ne possède l’éloquence des banquets, des punchs littéraires et artistiques, des solennités de circonstance, des réunions de cercles ou de syllogues. On peut dire de cet orateur qu’il a la parole extrêmement serviable. Nous ne parlons pas de son savoir qui est des plus solides et des plus profonds. Remarque curieuse : Delibes, contrairement à beaucoup d’universitaires, n’a jamais rien publié. II se contente de discourir, de semer au vent de l’actualité ses speechs et ses allocutions. De toutes ses conférences, pourtant, il serait facile de tirer un livre intéressant. Mais à cette heure, nous le craignons, l’ancien normalien est aussi peu féru de gloire littéraire que de gloire politique.

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