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A N TON Y RÉGNIER

la salle italienne du Cercle Artistique. Les groupes en sont agréablement équilibrés et d’un heureux arrangement. Il n’est pas jusqu’à la couleur qui ne soit plus séduisante et plus fine que dans ses autres compositions. Antony Régnier, du reste, entend très bien l’effet décoratif, et ses figures de femmes, que l’on a pu voir dans les salons de Linder, se font remarquer par une certaine élégance qui n’est pas sans charme. Comme beaucoup de peintres, Antony a dans son atelier des études qui sont supérieures à ses tableaux. Nous avons vu notamment des têtes de paysannes de Savoie, des Pyrénées et de Sardaigne, vigoureusement peintes et d’un grand accent de sincérité.

Une autre qualité de cet artiste, c’est de répandre une véritable poésie dans toutes ses compositions. Ainsi, sa ‘Bénédiction des semailles, sa 3\Cireille frappée d'insolation, son Tféve du Barde, dégagent un vrai sentiment d’élévation et une indéfinissable mélancolie. Ajoutons que le peintre, chez Régnier, est des plus modestes. Nous parlions plus haut du critique d’art, mais Antony n’a pas écrit seulement des Salons ; il a publié maintes fois des récits d’excursions, des impressions de touristes qui prouvent que la plume lui est aussi familière que le pinceau et que nous avons le droit de revendiquer cet artiste comme un membre de la nombreuse confrérie des littérateurs marseillais.

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