ADOLPHE CARLE
Achard, et se rattache, du reste, à cette glorieuse famille de littérateurs prr le tour agréable et piquant qu’il apporte dans la conversation, dans sa façon de dire, détourner l'anecdote. Carie, en effet, est un des derniers causeurs marseillais. Il n’est pas de plaisir plus vif que de l’entendre conter, sur un ton bonhomme, familier, abandonné, doucereusement badin, ses spirituels et pétillants souvenirs de journaliste ou de vieux Provençal. Ces qualités de conteur se retrouvent dans ses livres et dans ses articles. Car, on relit encore aujourd’hui avec agrément ses Nouvelles Marseillaises et, entre autres i Monsieur Gcrvasi, un récit fort original et d’une couleur finement locale. On lui reprochera peut-être de n’avoir jamais publié qu’un volume. Mais on oublie que, depuis près de quarante ans, Adolphe Carie traîne le boulet de l’article politique, une besogne qui est loin de favoriser les escapades de la folle du logis. Pourtant, le littérateur regimbe de temps en temps, et c’est ainsi que le rédacteur du Sémaphore s’est repris à nous conter — sous les pins — une nouvelle série de ses attachantes histoires marseillaises. Adolphe Carie aurait pu, comme ses célèbres contemporains, se lancer dans la presse parisienne et s’y faire rapidement un nom. Mais philosophe par nature, dénué de toute ambition, il a préféré rester dans sa ville natale, se laissant vivre paisiblement sous son beau ciel et se contentant véritable épicurien littéraire, de dépenser, au milieu de quelques amis, ses trésors de verve, d’esprit et de bonne humeur.