LES LUXATIONS INTERMÉDIAIRES
Ce sont les luxations qui habituellement provoquent les plus importantes boîteries. L’appui osseux fait en pratique complètement défaut. Elles sont essentiellement instables. L’atonie du moyen fessier suppléé dans son insuffisance par aucun autre muscle est considérable, en outre la tête fémorale, reposant en quelque sorte sur la crête du moyen fessier est très externe (saillie anormalement importante de la région
trochantérienne en haut et en dehors). Ces trois élé-
ue
ments concourrent pour provoquer une très large oscillation des épaules dans le plan frontal. Le signe de Tredenlenburg est ici au maximum.
Lance remarque que « Si on les examine, le membre en extension, hypertension, surtout avec légère abduction, on trouve la tête fémorale dans la partie anteérieure de la fosse iliaque, au-dessus du cotyle, le col regarde en avant. Si on porte le membre en flexion et addution, la tête fémorale passe dans la partie postérieure de la fosse iliaque, franchissant brusquement avec un ressaut parfois, la crête d'insertion du moyen fessier qui les divises en deux, le colregarde en
arrière »2.
1. En effet, dans cette variété de luxation, du fait de l'insuffisance du moyen fessier, pendant le temps d’appui unilatéral au cours de la marche, le centre de gravité devant obligatoirement passer par la tête fémorale et celle-ci étant particulièrement externe, éloignée de la ligne médiane, on comprend l’importance de l’oscillation des épaules destinée à amener le centre de gravité en dehorsde la verticale au sol passant par le point d’appui fémoro-iliaque (R. Ducroquet).
2. Lance d’accord avec le Professeur Ombredanne, propose même une interprétation du mécanisme des luxations tendant à devenir postérieures. Selon lui : « Le fémur pivote sur lui-même autour du grand trochanter maintenu fixé par l’éventail des muscles pelvi-trochantériens ». Nous ne pensons pas que la loi du centrage trochantérien, par le muscles pelvi-trochantériens, s’applique systématiquement au déplacement de la luxation congénitale. Au cours de toutes nos butéespour luxation postérieure, nous n’avons jamais trouvé le col etla tête fémorale en rétroversion. La tête quoique en situation postérieure, regardait toujours en avant. A notre avis, la tête pour gagner le versant postérieur de la fosse n’abandonne pas son orientation première, le fémur ne pivote pas sur lui-même car il ne se porte pas en rotation interne.Ce déplacement se fait par un glissement progressif.
On voit mal d’ailleurs comment des pelvi-trochantériens aussi déréglés et distendus qu’ils le sont dans la luxation congénitale, comment un petit et un moyen fessier atonique, devenus trop longs par l’ascension de l’épiphyse fémorale, pourraient assurer le centrage du trochanter en outre, l’aspect clinique des luxations hautes postérieures est contraire à l'hypothèse du centrage trochantérien. Le trochanter fait fortement saillie en arrière et en haut et grossit anormalement la fesse dans sa partie supérieure.
La radiographie renseigne parfois nettement sur la fonction de la tête fémorale, qui tend à s’écarter de l'aile iliaque et devient typiquement tangentielle à la région sus-cotyloïdienne.
En fait, malgré ces caractères cliniques et radiologiques, il n’est pas constant d’individualiser la luxation intermédiaire avant l'intervention; la boiterie peut être paradoxalement réduite. Il est singulier d’ailleurs à ce propos de remarquer combien des aspects de luxations anatomiques et radiologiques absolument identiques peuvent provoquer des boîfteries d’intensité très variable, la radiographie ne montre parfois que l’image d’une luxation antérieure haute et ce n’est qu'à l’intervention, lorsqu'on a largement découvert et ruginé la fosse iliaque qu'on précise les rapports de la tête fémorale et de la crête du moyen fessier ainsi que sa tendance à filer en arrière.
De ces constatations. découlent des indications pour
la technique de la butée.