II. — Les luxations bilatérales
On peut superposer les aspects cliniques aux types
anatomiques.
Les luxations asymétriques, mal équilibrées, sont dans l’ensemble vite douloureuses. Il est remarquable de voir que c’est sur le côté où peut exister un appui osseux (c’est le cas essentiellement des subluxations, des luxations marginales) qu’apparaissent ou que prédominent les crises douloureuses.
Surtout chez l'adulte, les poussées d’arthrite dominent en fait, la symptomatologie de ces luxations
asy métriques.
Par contre les luxations symétriques, qui sont presque toujours des luxations postérieures hautes sont souvent admirablement supportées. Maintes fois nous avons observé pour ces luxations une absence quasi-totale de boiterie. La lordose est considérable mais il n’y a pas de Tredenlenburg, aucune oscillation anormale des épaules, ceci s'explique par la position des têtes fémorales qui sont à la même hauteur et très rapprochées de la ligne médiane. Dans la marche au moment du temps d'appui unilatéral le centre de gravité pour passer par la verticale au sol passant par le point d'appui fémoro-illiaque n’exige qu’une oscillation d'amplitude égale ou peu supérieure à la
normale 1.
1. On peut même dire, pour ces luxations postérieures doubles symétriques, que plus la tête est haute plus elle a tendance à se rapprocher de la ligne médiane, plus l’oscillation des épaules, la boiterie latérale sont discrètes,
L'aspect anatomo-clinique de cette luxation peut s’opposer à celui de la luxation intermédiaire où nous avons vu que la boiterie transversale était maxima.
Pour ces luxations bien équilibrées les douleurs n'apparaissent que lorsque la lardose compensatrice s’exagère, lorsque la flexion et l’adduction deviennent considérables. Mais ici les douleurs sont bien différentes des algies osseuses des luxations antérieures appuyées. Elles ne sont pas dues en effet à des poussées d’arthrite, mais aux tiraillements des masses musculaires et du nerf sciatique. Elles prennent parfois, le type d’une névralgie sciatique avec irradiations distales, et même, nous avons pu observer, surtout chez certains obèses, une parésie légère dans le terri-
toire du sciatique poplité externe.