SCÈNE X
MONINVILLE.
Qui ça! lo chien ?
B1;UCH0^]NET
Non, pas le chien ; je vous parle de l'homme.
MOLIINVILIE.
L'homme au chien ?
BOUCHOMNET.
Non, l'homme au coup de pied
MOLINVILLE.
L'homme qui l'a reçu ?
BOUCHONNET.
Non, l'homme qui l'a donné ?
MOLINVILLE.
Parbleu, si je le connais ! {il [ail quelques pas à droite en sourionl.)
BOUCHONNET.
Vous le connaissez? Ah ! mcn ami, mon cher ami! nommez-le vite, que je l'assomme, car ce coup de pied, c'est moi qui l'ai reçu. MOLiJN VILLE, Qui sc veloume sur les derniers mots.]
Hein ?
BOUCHONNET.
Eh ! bien, son "nom?
MOLINVILLE
Quoi? (t/s se rapprochent.)
BOUCHONNE T
Vous venez de me dire...
MOLINVILLE.
Rien...
BOUCHONNET.
Comment ! vous ne m'avez pas dit: Parbleu ! si je le connais !
3I0LINVILLE, vivemenl, ...Sais!...
BOUCHONNET
C'est qui ?
MOLINVILLE, reprenant.
Parbleu! si je le connais... sais !
BOUCHONNET.
Eh bien! c'est?..
MOLINVILLE, de même.
...Sais!... à l'imparfait. Vous m'avez coupé mon mot. Je vous le nommerais si je le connaissais; mais comme je ne le connais pas, je ne peux pas vous le nommer.
B(<UCHO.NNET.
Ah ! tant pis ! ah 1 tant pis ! car, voyez-vous, il serait fort, Userait faible, il serait jeune, il serait vieux ; il serait grand comme la colonne Vendôme et large comme la place du Carousel, que je n'en ferais qu'une bouchée... Ah! oui, Molinvilie,je me vengerai.... Jelemangerai. {Jlpousse
brusquement Molinville qui pousse un cri et qui tremble.) Eh bien! qu'avez-vous donc?
MOLINVILLE.
.le ne suis pas à mon aise.
BOUCHONNET.
C'est votre doyleur de reins... Voulez-vous que je vous reconduise chez vous?
MOLINVILLE.
Oui, je le veux bien. Ce n'est pas de refus.. Mais j'étais venu pour vous présenter mon fils Tintin... Je crcî5 qu'il vous cherche,. (Anna et Tinlin entrent par la droite. jJusUment, le voilà. * {Tintin a un bandeau sur le front).
BOUCHONNET, sans regarder Tintin et sans voir Anna.
N« me parlez pas de voire fils, ne me parlez pas de mariage.
ANNA, à part.
Qu'entends-je !
TINTIN, de même.
Ciel!
BOUCHONNET
Ma nièce ne se mariera, je ne me narierai moimême que lorsqueje connaîtrai celui qui m'a donné ce que j'ai reçu.
ANNA et TINTIN, de même
Ce qu'il a reçu ?
MOLINVILLE:
A quoi bon ?
BOUCHONNET, il commence â marcher ayant Molinville sous le bras.
Parce qu'il y va du repos de toute ma vie etque je donnerais tout au monde, oui, tout ce que je possède, tenezi ma nièce elle-même, pour savoir qui m'a fait cadeau de cahier au soir. (Secousse et cri de Molinville )
TINTIN e< Anna
Un cadeau !
BOUCHONNET.
Mais celui qui m'a fait ce présent anonyma ne se nommera jamais !
MOLiNViLLEj à part
Cil ! 1 CD. jan.iii^!
(Bouchonnet sort en soutenant Molinville qui se heurte contre la porte et qui pousse un cri.)