SCÈNE XVI
BOUCHONNET, GLORINDE.
ci.ORiNDE, entrant par le fond et à part. II est seul... allons, puisqu'il n'a pas répondu à ^ ' B. c.
ma lettre, redemandons-lui mon portrait de vive voix.
BOUCHONNET, à lui même.
Gourons lui faire desexcuses ! ( apercevant Clorinde ) Que vois-je ! .
CLpRiNDE, saluant.
Monsieur...
Ah! belle dame... votre présence est un baume pour mon cœur.
CLORmBE, surprise.
Votre cœur?
BOUCHONNET.
Je suis si aise de voir un visage... ami!...
CL0RiNDE,à part.* Get accueil... après la lettre de rupture que j* lui ai écrite hier.
BOUCHONNET, lui avançant le fauteuil.
Veuillez donc vous asseoir.
CLORINDE
Je resterai debout, s'il vous plaît.
BOUCHONNET.
De quel air vous me dites cela, méchante! seriez-vous encore fâchée ?
CLORÎNDE.
Certainement, monsieur; et ce qui m'étonne, c'est que vous ne le soyez pas vous-même. BOUCHONNET, vivement.
Je le suis.
CLORINDE
Ah !
BOUCHONNET.
Ah ! oui, fâché de mes emportements ; mais vous êtes si bonne, si indulgente, que vous pardonnerez...
Vous devez bien savoir que non.
BOUCHONNET.
Hein ?... Oui, je comprends qu'une offense préméditée puisse vous trouver inflexible, mais..
CLORINDE
Vous être oublié jusqu'à me. . .
BOUCHONNET.
Ah ! je n'ai fait que vous presser le bras.... un peu... c'est trop, j'en conviens, mais la passion justifie...
CLORINDE
Laissons cela, je me suis vengé de votre ou* trage et...
BOUCHONNET.
Vous vous êtes vengée ?
CLORINDE
Il me le semble du moins.
BOUCHONNE!, à part.
Ah ! parce qu'elle m'a quitté au concert ! . . . ( haut et gaiment.) Je n'appelle pas cela une vengeance.
Pas une vengeance ! mais vous ne sentez donc rien, monsieur?
BOUCHONNE!
Pardon (à part ). Comment ! je ne sens rien !
CLORINDE
Il faut que vous ayez bien peu d'amour propre
BOLCHONNEÏ.
A u contraire ..{à part ) que signifie ?
CLORINDE
Libre àvous de prendre les choses dubon côté.
BOUCHONNE!
Du bon côté?
CLORINDE
Sans doute.
BOUCHONNE!, à part.
Est-ce qu'elle saurait ?.. Mais, madame...
CLORINDE
Toute explication est inutile.... après ce que vous avez reçu hier soir...
BOUCHONNE!
Ciel ! n'achevez pas, madame ! ( à part ) Elle connaît mon affront {haut). Eh bien! oui, oui, c'est l'affreuse vérité... je l'ai reçu.
J'espérais qu'un homme aussi susceptible que vous comprendrait son devoir, et qu'il ne garderait pas...
BOWCHONNEÎ, avec force.
Garder 1... mais n'en croyez rien ! mon plus grand bonheur serait de le rendre.
CLORINDE
En ce cas, monsieur, rendez donc, et tout de suite.
BOUCHONNE!, avec plus de force.
Mais à qui, madame, à qui ?
CLORINDE
Mais, à moi, monsieur ! |
BOUCHONNE!, Stupéfait.
A vous !
CLOBINDE.
Dame ! n'est-ce pas moi qui vous l'ai donné ?
BOUCHONNE!, à part avBc explosion.
Elle ! c'était elle 1
CLORINDE
Et j'attends.
BOUCHONNE!, surpris.
Quoi?
J'attends que vous me le rendiez.
BOUCHOî^NE!.
Ah I madame.... madame... ce n'est pas séi ieusement
CLORINDE
Je vous le demande en grâce
BjOUCHONNET.
Oh I non, non ! c'est impossible !
CLORINDE
Impossible !
BOUCHONNE!
J'aimerais mieux encore en recevoir un second...
CLORINDE, souriant.
Je crois bien... vous n'êtes pas difficile.
BOUCHONNET à lui-mcmt.
Elle me brave!
CLORINDE
Eh bien ! mais dépêchez-vous donc. Je l'exige ! ■
BOUCHON NET
Vous l'exigez ?
CLORINDE
Absolument.
BOUCnONNET.
Ah! ma foi, si vous l'exigez absolument.... ( // lève la jambe qu'il laisse retomber presqu' aussitôt en rencontrant les yeux de Clorinde, et il .se met à exécuter un pas de danse. )
CLORINDE
Qu'est-ce que vous avez donc * ?
BOUCHONNE!
Rien... c'est un pas que j'essaie. Je voulais le danser à notre noce... mais la difficulté ( à part } et un reste d'amour...
CLORINDE, à part.
Ah ! mon Dieu ! est-ce qu'il devient fou !
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