SCÈNE PREMIÈRE
véronique, puis héloise.
VÉRONIQUE, pris de la table, rangeant ses gâteaux dans une assiette.
Là... voila qui est fait... (Allant vers le placard.) Voyons, les sirops, les brioches, le punch, tout est préparé. Àli ! c’est qu'il parait que madame tient à ce qu on parle de cette soirée dans tout Pontoise. (Elle revient vers la table.)
HÉLOÏSE, ouvrant avec précaution la porte h gauche.
Véronique...
VÉRONIQUE
Madame...
HÉLOÏSE
Où est mon mari?
VÉRONIQUE
Dans ie potager, madame; il arrose.
HÉLOÏSE
Ah! du moment qu’il arrose, je puis entrer. (Elle eotre tout A fait eu scène avec un objet qu'elle tient caché sous son mantelet. Apercevant i'assieue de gâteaux.) Eh bien , malheureuse, veux-lu bien serrer ces gâteaux. Si mon mari les voyait, il se douterait... Y as-tu songé? quelle catastrophe I II est si violent... Heureusement, il va s’absenter pour vingt-quatre heures, (a Véronique qui serre l’assiette dans le placard et qui le referme.) ÂS-tU
préparé sa valise?
VÉRONIQUE
Oui, madame... mais qu’est-ce que madame cache donc comme ça ?
, HÉLOÏSE
Regarde... (Elle tire un énorme bouquet de dessous sou mantelet.) VÉRONIQUE.
Ah I le beau bouquet... Et c’est pour...
HÉLOÏSE
Et pour qui veux-tu que ce soit, sinon pour elle? C’est que je ne veux pas qu’elle ait à se repentir d’être venue jusqu’à Pontoise... Et dire que c’est chez moi... que ce soir