SCÈNE XIX
Les Mêmes, SIDONIE, VÉRONIQUE.
SIDONIE, se précipitant dans le salon.
Matante! ma tante I nos invités! (s’arrêtant.) Ciel! mon oncle!
VÉRONIQUE, faisant irruption dans le salon.
Madame, j’ai poussé jusqu’à la gare. Tout Pontoise y est et se prépare à la suivre jusque chez vous. Je crois qu’on forcera vos portes.
MITOUFLOT, comme réveillé en sursaut.
On forcera nos portes 1 (Prenant Véronique par le bras.) Pour- ’ quoi forcera-t-on nos perles ?
VÉRONIQUE
Dame, monsieur... tout Ponloise veut l’entendre.
MITOUFLOT.
Qui, l’entendre ? qui?
HÉLOÏSE, lui présentant le livre et le portrait.
Mais vous ne savez donc pas... elle!...
MITOUFLOT.
Elle! quoi !... elle... (Se frappant le front et poussant un cri.) Ah ! c’est pour ce soir!... je comprends.
TRICQCHE, même jen.
Ah ! c’est pour ce soir... je ne comprends pas.
MITOUFLOT, prenant nn bâton de sncre de pomme dans la poche dn
Tricoehe.
Heureusement qu’il t’en reste un! (a lui-même.) Ah! quel bonheur on éprouve à revenir de si loin... Ma tête est dégagée. (Prenant Hé'oïse dans ses bras.) Ma chère petite femme, appelle-moi Léon... je te le permets.
HÉLLÏ.-E.
Tu me pardonnes, Léon ?
MITOUFLOT.
Si je te pardonne ! . *.
HÉLOÏSE
Et... tu la recevras bien?
MITOUFLOT.
Si je la recevrai bien! tu le demandes 1 (S'adressant b Trieo-
30 C’EST POUR CE SOIR
che et t> uéioïse.) Tout dépend de la façon dont on présente les choses. Si on m’avait dit tout d’abord . La voilà! j’aurais répondu : Plutôt la mort! mais du moment que j’ai cru que.;. je m’écrie : Ce n’est que cela!... mais avec plaisir! Et puis, *r
au fond... moi je n’allais à Paris que pour l'entendre! (Héloïse
se jette dans ses bras.) a
véronique;, an fond, annonçant. cbs
Madame la directrice des contributions indirectes.
mitouflot. Fe
Mais je suis en toilette de voyage... Ah! Tricoehe... quelle idée! (Entraînant Triroche.) Viens, viens! * Si'
TR1COCHE
J’arrive d’Amiens^ tout à coup... Quelle drôle de maison!
(ils sortent à droite.) ^ t ,