SCÈNE III
HÉLOÏSE
Oui, le parrain de Sidonie ; j’ai tout fait préparer pour ton départ, il n’y a pas à hésiter.
MITOUFLOT.
Je n’hésite pas, mais je suis émotionné.
HÉLOÏSE
C est un petit moment à passer, et ce soir, en arrivant à Paris, mon petit Léon ira rue des Lombards; il surprendra cet excellent Tricoche qui sera bien content, mais bien content de le voir. El ils s’en iront tous les deux au café..» faire un joli domino.... ou au spectacle...
SIDONIE
Ou au café chantant.
MITOUFLOT.
Au café chantant, jnmaisi Moi, apporter mon obole à cette profanation de l’art pur, de l’art austère... jamaisl
HÉLOÏSE
Tu as raison, mon ami, et ce n’est pas moi qui t’engagerai à encourager de ta présence candide et champêtre, ces divertissements trop vantés aujourd’hui et qui témoignent bien du degré d’incohérence dans lequel la moderne Babylone, reniant ses dieux d’autrefois, se jette tête baissée, au mépris de toutes les convenances sociales, qui sont la base inébranlable des sociétés, (a part, respirant.) Ouf!
MITOUFLOT.
Sidonie, a s-tu entendu ta tante? (Se tournant vers Hétoise.) Ah! si Pontoise était juste, c’est toi qui le représenterais... C’est beau ce que tu as dit là... c’est gigantesque. Recommence... Non, lu me le rediras à mon retour.
HÉLOÏSE
A ton retour, c'est cela... Voyons, as-tu toutes les affaires? As-tu songé à acheter un livre pour lire en chemin de fer ?
MITOUFLOT, sortant i demi de sa pocbe an livre enveloppé.
Oui, chérie.
SIDONIE
Qu’est-ce que c’est, mon oncle?
MITOUFLOT.
Je ne sais pas... c’est le libraire qui m’a envoyé ça... C’est un volume qui vient de paraître.
SIDONIE
Ah! voyons...
C’EST POUR CE SOIR
MITOUFLOT, regardant.
Les mémoires de Thé... Ciel!... ce livre sur moi...
HÉLOÏSE
Ah! tu ne le liras pas. Léon!... (A part, mettant le livre dans •a poche.) Je vais le dévorer, en attendant qu’elle arrive!...