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C'est un beau reve, garre au réveil /

A rôurerture de, la séance du lé* sîeur de Noaîîîes , cî-devaîit prince de Poijç et gouViCthcur du ciiâteau et parc de Vcrsailes , a écrit une lettre à rassemblée , dônC r.tirt des secrétaires a donné lecture ; en voici l’objet.

Dans îa séance de la veille , une députation du département de Seine et Oise , admise à la barre, s’est plaint do ce que les propriétés étoîent violées , qu’on garottoit et emprisonnoit les hahitans des municipalités Situées dans Tericeinte du grand parc de Versailles , qu'on tirpit à balles sur eux , et que le» hommes étoîent traités conime les bétes fauvéSi Le sieur de Noaüles désavoue les faits , et offre la preuve du contraire. lettre a été renvoyée au ^ comité des domaines. On sent bien que le gouverneur du parc de Versaüîcs ne peut que nier cés faits; il faudrqit qu’il fût bien téméraire ou bien imbéciie, pour les avouer.

- Mais sa négation n’erapéche pas qu’ils ne soient constants- ÎI offre la preuve du contraire ; ce doit être un singulier genre de preuve, que celui qui fait qu’une cliese, qui a été, n’ait pas été,

A la séance du mardi soir , le sieur Regnier , député d« Etorramc', a annoncé que la garnison de Nancy , et spécia-

UBRARY

îcment le régiment du roi , étbient totalement retitrils dans }e devoir ; que ce régiment avoit reporté la caisse militaire; en un mot , qu’il ne restoit au^un vestige de l’insubordina^ tion des soldats.

A la séance du lendemain , îe sieur Maîouet , a annoncé les ouvriers de l’arsenal de Toulon , inculpés d^avoir tu part à l’assassinat de M de Castclet , étant informes la dénonciation faite contre eux ,se sont assemblés pour iiemander que les assassins soient punis, et rcnouveller Je ferment d’etre fiieles ila nation , à la loiétaurpi. Il a été décidé qu'il scroit fait mention honorable adresse dans le procès-verbal.

On a lu ensuite une lettre du sieur la Tour-du-Pin , an- . «lonçant l’insubordination du régiment de la Pleine , cavalerie ; les excès auxquels il s’est porté à l’égard de son Ikutenant-colpnel , qu’il a- obligé de signet un effet de 50,000 livres.

A la séince du 26, îe sieur de IBroglio a donné lecture d’unç déclaration du régiment du roi , par laquelle il re- •c.p,nnoit son erreur , et suo •chefs de l’oublier.

® Nouvelle lettre du sieur de la Tour-du-Pin , informant l’assemblée que le régiment de Foretz, qui avoit été le premier a se faire remettre ia caisse par ses officiers , a été le premier à rcconnoître ses torts ; que les'trois réginien«, la garnison de Nancy montrent du repentir ,et sentent q^ue rien ne peut les justifier des excès auxquels ils se sont portés ; que la garde n’a pas peu contribué a les ramenerr 4 'leur devoir ; qu’à Metz la fermentation diminue aui-si , et qu’il y a lieu d’espérer que l’ordre se rétablira dan» toujii ks régiaieiis.

Obervatlons.

Toutes ces nouvelles sont autant ci’împostures, fkbri'quëçs par les nunisterîels pour aller à leux3

fias. , „ . J

Celle qu’a débitée le sieur Regnier , est de toute fausseté : le régiment du roi n a point reporté la caisse» par U raison toute funp.Wquil. ne la point enlevée.

Celles qu ont .débitées Malouet , de Broglio et la Tour-du-Piii, sont de puants mensonges , de faussent déclarations , revêtues de la signature surprise ou achetée de quelques faux freres , et baptisées au nom de déclarations du corps en*lier, pour être lues à t’assemblee, comrne act3s de soumission à ses décrets , puis jettëes dans le public^ pour en imposer*

Qui Fauroit cru ? Le plan d’operations de tou5 ces ^ charlatans , qui sont a la tete des affaires , .se réduit à deux points uniques : répandre 1 ^7 jarme'sur rinsure.ction et les désordres supposes des soldats ou des citoyens qu ils veulent mettre sous le joug» jüsqp’à ce qu’ils ayeiito,btçnu dè la complaisante assernblée quelque funeste decret, puis publier là cessation des désordres et îe retour du calme , pour pres^enter a 1 asseiï^ bîée vaniteuse de faux actes de soumission.

Ce charlatanisme saute aux yei^x dans toute les séances: comment fi’-t-il pu en imposer ivçi instant ? ^

.Oii a fait lecture é’unc lettre de Ptiquetti 3e cadet » écrite d’Aix la Chapeile ,• dans laquelle^ il donne sa déinission à rassemblée. Le premier acte quait fait a sa

sortie du royaume , ce traître à îa patrie , est de sc démettre de sa place de député , et de prendre parti parmi ses ennemis , en attendant le moment de venir fondre sur elk. Cét infâme lui avoit cependant prête', quatre fois serment de fidélité : . Peuple imbécile ^ fîei-toi à leurs serments , ;ls travaillent à t’égotgçr

Riquettî Taîné, au nom du comité diplomatique 5 a proposé ce plan de décret relatif au pacte de famille entre la France et FEspagne.

I®. Tous les traités prerédemment continueront à être respectés par la nation Françoise , jiisqu’au^mcment oii elle aura revu ou modifié ces divers actes , d’après le travail qui sera fait à cet é^ard et les instructions, que le roi sera prié de donner à ses agens auprès des différentes puissances de l’Europe.

a®. Que préilminairement à ce travail et h l’ejcsmen approfondi des traités que la nation croira devoir conserver ou changer , le roi sera prié de faire eonnoitre à toutes les puiss^mcei: , avec lesquelles la France a des engagemens , que la justice et rarnour de la paix étant les bases de la constitution françoise , la nation ne peut ( fl aucun cas reconnoître dans les traités que les stipulations purement défensives et corametcialet,

» Décrète en conséquence que le roi Sera supplié de faire conncître à sa majesté catholique que la nafibn françoise , en prenant toutes les mesures propres à maintenir la paix , observera les engâgemens que son gouvernement a contactés avec l’Espagne.

îf Décrète en outre quelle roi sera prié de charger son

ambassadeur en Espagne de négocier avec les ministres de sa majesté catholique , à Teffet de resserrer , par un traite'i national , des liens utiles aux deux peuples', et de fixer avec précision et clarté toute stipulation qui ne serolt pas conforme aux vues de paix générale., et aux principes de justice, qui seront à jamais la politique dos Tfançois.

» Âu. surplus , rassemblée nationale , prenant en considération les arméniens des différentes nations de l*Ea- Tope , leur accroissement progressif et la suBcté de nos colonies et du ccramerce national , décrète que le roi «era prié de donner des ordres pour que nos flottes eiî. commission soient portées à 30 vaisseaux de ligne, dont îmit au moins seront armés dans les ports de 'la Méditerrannée.

Sur les observations de MM. Pétliion et Boutldoux , les deux premiers articles , tendant à jeüer de|rinquistude sur les dispositions des cabinets de l’Europe , ont été retirés par la|iraajorité du comité, contre lavic de Riquetti.

Le troisième article a été adopté, après y avoir ajouté les mdts DÉFENSIFS ET coMMSilci AUX après celui d’ENGA- GEMENS. . ^

Le quatrième article a passé sans modification.

Le cinquième a passé de meme., après avoir porté , d’après la motion de M. Ricard, à 45 le nombre des vaisseaua à armer indépendemment d’un nombre* proportionne de ftegate et bâtimens légers.

^ Et le projet de décret a pa&sé presqu’à l’iinani mité.

Adresse au Peuple,

Le voilà donc enfin ce sinistr-e projet que Tinfernal Riquettî machiiioit dans les ténèbres. Le voilà cet affreux décret qui bientôt fera fondre «ur nous les fléaux redoutables de la guerre , unique reisource laissée à nos âgens atroces, pour nous remettre aux fers. Ou étiez- vous, Barnave , Lameth , d’Aiguillon , Robespierre', Menou , quand on a ose le proprose r ? Vous sommeilliez sans doute , puisqu’il a passé sans vos léclama.tions , ou bien le serpent Infernal est parvenu à vous séduire par son langage trompeurs. Chere patrie J n%as-tus donc plus pour te défendre que quelques cœurs honnêtes sans défense contre l’astuce des frippons soudoyés par L despote ? Citoyens trop crédules i n’agueres encore vous chantiez vos. victoires : én ivres d’un faux triomphe, vous' criez, avec, transport, nous sommes libres, et cent mille voix perfides répétoient à l’envi, vous êtes libres , p>our vous plonger dans une fatale sécurité. Ils vous ont présenté la main de paix , en vpus jur^n; fide- 'ité; ils ont lié les bras à voi^- défenseurs séduits ^par leurs faux airs de fraternité , et ils sont ^parvenus à vous enchaîner sur i autel même de la liberté : vous dormez sur leur sein : encore quelques jours, et un affreux réveil succédera ' à ce repos funeste, et vous reconnoîtrez , eii frémissant, que ce triomphe glorieux , dont on vous berçoit ^ n’étoit qu’un songe imposteur.

Ici , quelle scène affreuse s’ouvre .devant moi !' Livrés à votre frivolité naturelle , bientôt vous

détournerez les yeux des affaires du dedans^sur ■ les affaires du dehors ; vous abandonnerez vos plus chers intérêts pour de folles nouvelles;, des mensonges de gazetier vous feront oublier le soin de faire regner dans vos murs la justice, rabondance et la paix. Pour hâter votre ruine , les scélérats qui vous gouvernent vous cherchent des ennemis en tous lieux , et s’efforcent de vous engager dans des p^uerres désastreuses. Hors d’état de tenir devant les forces ennemies, vos flottes seront écrasées et détruites ; . des milliards seront dissipés en quelques années , et les biens du clergés, qui dévoient servir à. libérer l’état, à soulager le peuple, n’auront servi qu’à vous rendre vos fers, qu’à appesantir sur nos têtes le joug de la servitude et de la misere. Loin des yeux de leurs conci- .toyens , bientôt les soldats ne songeront plus à leurs droits , et finiront par oublier la patrie. Au milieu du tumulte des camps , ils ne connoîtront plus que la voix de leurs chef:^ ; mille séductions seront employées pour les asservir ^nfin jf ramenés dans leur terre natale , ils seront^prêts, au moindre mot, à fondre sur leurs 0 concitoyens. Ch«re patrie , te voiLà prête à [être v;méconnue par tes enfans , en attendant qu’ils tedéchirent et te remettent aux fers. Que dis-je î im simple signe du despotisme suffira pour les transformer en bourreaux, qu’annimeront encore les cris de fureur de vos impiacaffies ennemis. Eüx-niêmes, plongeant à l’envi leurs mains homicides dans- votre san^ , dechti'eront vos entrailles palpitantes , sur le sein livide de vos femmes et de ^vos . enfans. Voilà donc les

fruits de vos privations , dé vos jeûnes , de voi travaux, de vos dangers, de vos blessures , de vos combats, de vos victoires, ou plutôt voilà îes fruits amers de votre aveugle confiance , de votre stupide sécurité.

Peuple échappé à moyen vous reste , à vos freres d’armes des troupes de ligne c’est dè leur faire jurer, sur l’honneur , de ne point marcher contre l’ennemi, que la liberté né soit établie dans vos murs, que les ennemis delà patrie ne soient écrasés; c’est de faire tomber sous la hache vengeresse la tête criminelle de vos ministres ; et ^ avant tout, c’est de vous assembler sans délai, de remplir' le sénat, et de demander à grand cris la révoca.ijn du funeste décret, que les peres prétendus de la patrie se sont hâtés, sans doute, de présenter à la sanc^*

tion Mais , hélas 1 l’Ami du peuple vous

prêchera- t-il toujours env^in. Prends conseil de tes. malheurs, peuple lâche et stupide; et si rien ne peu te rappeler au sentiment Jw .w. devoirs, coules tes jours dans l’oppression et là misera ; termine > es daixs l’opprobre et l'es- #cla

De l’Imprimerie de Marat.

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