‹ C'est une belle fille!Chapitre 6 sur 6 · BULLETIN DES ARMÉES DE LA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

BULLETIN DES ARMÉES DE LA RÉPUBLIQUE

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Caporal RILA TABAORÉ (Mohamed) dit Dagobert, caporal à la 14* C'** du 56* Bat. de Tirailleurs Sénégalais, l^^xcellent chef d'es- Louade, d'une tidèlilé sans exemple, 7 ans de service ; intelligent et intrépide ; déjà proposé pour la médaille militaire lors de l'expédilion du Ouadaï. Croix de guerre (2 citations). A réussi à délivrer son lieutenant grièvement blessé, tuant de sa main, deux ennemis dont un officier. Blessé à mort comme il s'élançait au combat pour la seconde fois. Médaille militaire. (Ordre de l'Armée.)

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De La Cote française :

Le Conseil de guerre de Leipzig vient d'acquitter, à l'unanimité, le lieutenant von Schmakoff, de la Garde prussienne, qui, on s'en souvient, tua de deux balles d'un pistolet automatique l'orateur socialiste Rudolphe Sernave, ancien député au Reischtag, dont Factivité antibelliciste égalait au moins celle des Liebknecbt, des Ledebourg et des Rosa Luxembourg. Après une peine de six mois de forteresse, le tribun venait d'être incorporé; il portait depuis buit jours l'babit « feldgraii » lorsque von Schmakoff l'abattit unter den Linden.

D'origine française, Rudolpbe Sernave descendait d'nn des hugenots du XVIP siècle qui firent la prospérité de Berlin. Détail piquant, ce révolutionnaire irréductible devait recevoir un jour en héritage la plus considérable part d'actions de la fameuse Société d'Artillerie de la Ruhr dont la guerre a quintuplé le rapport. Jusqu'à l'agression inexpiable, la célèbre S. A. R. — plaisamment dénommée par nos grands forgerons V Altesse Royale — était considérée comme une filiale de la Société des Ateliers Civils et Militaires de LwerduUy près Nancy. Mais quoi ? La haute banque a depuis longtemps donné l'exemple à l'industrie sa sœur.

Rudolphe Sernave était, dit-on, un puissant électriseur de foules. Il ne prêchera plus.

G*BST UKS BILLE FILLE !.. 315

Du Temps :

Hier a paru, à Genève, le premier numéro de V Orient-France, sous la direction d'Oiuar- Pacha, ami dévoué de notre pays qui dira de dures vérités à la poignée d'aventuriers menant la Turquie a sa perte.

Notre excellent confrère, Fernand Lhérilier. mis en surtîis et rappelé d'une formation de l'intérieur où il servait modestement, assurera les fonctions de secrétaire de la rédaction. Au sommaire : Souvenons-nous de Sébastopol, par Pierre Loti ; les Intrigues du Khédive, par Dixit ; Culture française et civilisation musulmane, par la Princesse K. ; le Croissant sur Il Chéchia, poème de Mme Philippe de la Vorderaye- Kalid|é; elde nombreuses informations diplomatiques et militaires.

Du Cri de Paris :

Talon ou Bonnet Rouge ?...

Est-il vrai qu'un de nos plus brillants chroniqueurs, fort à la mode et qui avait Taudience des milieux bien pensants, ait adhéré au Parti Socialiste unifié ?

D'aucuns expliquent ce coup de tête par le dépit ressenti par un écrivain de la valeur de P.i..p.. A.n.l à se voir mobilisé comme G.V.C. Mais il était, depuis bien des mois, libéré et rendu à ses travaux d'aimable moraliste.

D'autres s*étonnent que ce Parisien, qui connut, malgré de brillants dehors, aes heures tourmentées, ait attendu d'être quasiment millionnaire pour s'affilier aux « partageux >.

Mais ne chuchote-t-on pas qu'il songe à divorcer?

De nntransigeant :

Quand les siînples poilus. nous ont donne de telles leçons, nous n'avons plus d rougir ni à nous étonner de noiis mettre à Vécole des humbles, U71 ami nous remet un cthier de souvenirs, tour à tour piquants et émouvants ; ceux d'u7i de ces enfants de l'aris, mauvaises têtes et bons cœurs, étemels Gavroches, acteurs channants de C55 choses vues qui ont fait nos échos si populaires. Hier, serviteur d'un des jeunes maîtres de la littérature, et, dans la guerre inouïe que nous impose le boche, ordonnance du général Mourlon^ notre auteur improvisé conduira nos lecteurs de Pans au front, leur révélant la guerre des théâtres, celle des années futiles, et leur montrant ce théâtre de guerre, vu d'un quartier général par un modeste en posture d* approcher les grands chefs. Blessé en portant un pli aux avants-postes, réformé^ V ancien ordonnance s'improvise journaliste, tant il est vrai quun jeune Français sait s'adapter gentiment aux circonstances. Notre héros qui devient notre collaborateur nous a demandé de taire son nom qui « ne dirait rien à personne! » selon son expression d^ une si sympatnique tiaïveté.

Demain, le premier article du Cavalier Scapin.

De Comœdia :

Comédie Française

L^engagement de Mademoiselle Madeline Delrose, qui s'estsi généreusement dépensée tant au Théâtre aux Armées qu'à TAmbulance de l'Institut dirigée par Madame Giiberte Marise, sera bien accueilli.

Sans doute la jeune comédienne a-t-elle encore beaucoup à apprendre ; mais nous lui devrons la joie d'applaudir une Célimène de vingt-cinq ans — enfin 1 — et jolie ! L'intelligence de Temploi peut s'acquérir par l'expérience et le moins qu'on puisse dire d'elle, c'est que c'est une belle fille. Bien que son jeu soit parfois absurde, il parvient à donner l'illusion du naturel. Agréable toujours, elle est l'image de la vie promise aux abonnés du mardi, aux oisifs de qualité et, généralement, à toutes les personnes de bonne compagnie.

Douarnene\y i^îa — Paris ^ içao

TAHLE DES MATIERES

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