SCÈNE HUITIÈME
RENÉ
Vous faites des cérémonies, mais je vais vous donner le bon exemple; il est fort tard et... (il regarde la pendule.) Ah ! voilà qui est singulier. Ma pendule, q\ii indiquait une heure quand vous êtes entrée, ne marque plus à pi'ésent que minuit et demi.
MADAME D OLORÉS.
Vous vous trompez.
RENÉ
Voyez votre montre.
MADAME DOLORÈS
Elle est arrêtée.
RENÉ
La mienne va parfaitement... Il est évident que ma pendule se conduit follement, (a part.) Ce n’est pas du reste à moi à lui reprocher ses dérèglements. (Haut.) N'importe, j’étonnerai bien mon horloger quand je lui dirai que sa pendule remonte le cours du. temps au lieu de le descendre... (il remet la pendnle à l'beure et allume les bougies de la cheminée.) Nous disons une heure trente-trois minutes.
MADAME DOLORÈS, h part.
Que faire à présent... qu’imaginer? Non, point de ruses, elles me réussissent trop mal. Je m’adresserai à son cœur, à sa raison... Je vais lui faire un sermon.
RENÉ
Et maintenant nous allons couper. (ll prend dans le meuble près de la table, un pâté, un pain, une bouteille, des assiettes et des rerres, etc.)
MADAME DOLORÈS
Faut-il vous aider ?
RENÉ
Je ne souffrirai pas... Si cependant vous voulez vous charger de cette bouteille, du pain aussi... et puis des assiettes... je vais mettre la nappe. (li agit.)
MADAME DOLORÈS, embarrassée, laisse tomber une assiette.
O mon Dieu I
C’ÉTAIT GERTRUDE
RENÉ
Brisi^e I (A part.) Serait-ce un présage funeste? (Galamment, k madame Dclorùs.) L’accident n'a pas de gravité .. veuillez prendre un siège et accepter... (lU s’asseycol, René à droite dû guéiidon, madame Dolorèa à gauche.)
MADAME DOLOHÈS.
Non pas... c’est moi qui vous servirai.