A. Br., I, p. 365 s
Peut-on le prendre au mot, quand il déclare « qu'il commence à sortir d'une espèce de léthargie, et s'accoutume derechef à penser », ajoutant « et tout cela, je le dois à vous. Si vous saviez combien je vous aime! »; ou bien lorsqu'il souhaite « de vivre et mourir en Suisse, s'il lui était permis de souhaiter l'impossible »? x A Zurich, il n'avait plus d'attaches à rompre : Elisabeth Lochmann se remariait 2, et la bonne maman Grebel ne ferait rien pour le retenir3. Enfin, l'espoir d'accompagner ses élèves dans leur voyage d'études en France lui échappait : un vœu qui ne se réalisera jamais4.
C'était pourtant de ce côté que se portaient ses regards. Au terme de son enseignement, il donne aux jeunes gens qu'il a formés, et qui vont éprouver cet art de vivre, qu'il a voulu leur inculquer, ce viatique 5 : « Si vous auriez ( !) envie de vous former un modèle de l'homme parfait, c'est à Paris que vous devez chercher les originaux... Ce qu'Athènes était autrefois par rapport au génie des arts et de la philosophie, à la politesse et à l'élégance, Paris l'est aujourd'hui... » Sur le mal qu'il se croit obligé d'en dire, combien l'emporte le bien qu'il pense de cette nation, « celle qu'il aime le plus ».
Son goût et son expérience personnelle ont eu raison du préjugé suisse. Il est converti aux grâces de l'esprit et à la vertu sociale, il rend hommage à une culture qui « unit l'art de plaire au mérite solide ». Il propose à ses élèves, comme règle de vie, la sincérité avec soi-même, le devoir « d'être réellement ce que l'on cherche