‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 198 sur 505 · Cf. Babler : Henzis Lcben u. Schriften, Aarau · texte numérisé non relu

Cf. Babler : Henzis Lcben u. Schriften, Aarau

substituer, comme le dit Julie Bondeli, à la fadeur et aux fleurettes, la décence et l'amitié. Il manquait au jeune Souabe, pour y figurer à son honneur, à défaut de l'aisance de la parole, la souplesse du caractère qui aurait suppléé à l'éducation. Trop vaniteux pour s'abandonner, trop sérieux pour se plaire à la légèreté du ton, pour « avoir de l'esprit, dans la même journée, dans la tête, dans les pieds et dans les oreilles » \ il se sentit bientôt « déplacé dans un monde nouveau qui n'a pas l'honneur de lui plaire » 2. Il trouve tout « autrement qu'il voudrait », « tout plus éloigné de la nature » qu'à Zurich. Il a l'impression « d'être avancé d'un siècle » 3. « La manière de vivre ici ne me convient pas, écrit-il à Zimmermann, j'aime la simple nature; ici elle est étouffée de falbalas et de colifichets. Je n'aime pas cela4. » Au lieu « des plaisirs qui lui sont un véritable tourment », il aspire à la liberté, aux loisirs, à la solitude 5. C'est aussi que son talent n'a plus la même considération et ne fait pas oublier le rang social. Du moins Wieland éprouve-t-il la gêne de « l'occupation servile qu'il a acceptée avec trop de précipitation 6 ». Instruire deux bambins de douze ans quatre heures par jour lui semble indigne d'un esprit « qui doit créer Cyrus, rivaliser avec Shaftesbury, Diderot et Rousseau » 7. En dépit des égards qu'on a pour lui dans la famille du bailli Sinner 8, au bout

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