‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 77 sur 505 · A.Br. I,p.l · texte numérisé non relu

A.Br. I,p.l

8. A. Zkllwegbr, 30 juill. 1752 (Zehnder, p. 506)... Il avait ri rit à Zellweger le 19 juill. : « Ich kann nicht anders als eine besondere Vorsehung ansehen, dass ein solcher Mensch noch in meinen Tagen geboren worden. »

Wieland s'en rend compte, quand il déclare à Volz « qu'il lui faut se garder de son imagination et de sa sensibilité 1 ». S'il se dit prêt à « engager la lutte contre le vice, le mensonge, le préjugé, contre tout ce qui dégrade l'humanité, et à montrer la vérité en sa saisissante nudité », il annonce sa vocation de moraliste et d'éducateur. Mais à lui-même il manque une vérité personnelle.

Comme pour se donner sa règle, il se fait précéder par une profession de foi sous forme d'une Épître sur la dignité et la mission d'un bel esprit2 : à la fois une défense contre ses propres entraînements, et une solennelle adhésion. Il renonce à « l'esprit qui se fait valoir aux dépens de la vertu3 ». A l'adresse des jeunes écrivains du Crito 4, il rompt avec les « turiféraires de la folie », avec les anacréontiques et les libertins : « Plutôt être effacé de la création que de se prévaloir de la gloire d'un Guarini ou d'un La Fontaine ! » Boccace et Rost valent-ils mieux qu'une Laïs ou une Phryné? Avec la joie païenne des sens, Horace lui-même est réprouvé, pour « s'être prostitué dans les roses de Vénus ». Avec Pyra, Wieland proclame que la poésie est fille du ciel, que l'écrivain doit s'élever, sur les ailes de l'imagination, jusqu'à l'idée éternelle. « Est-ce peu de choses que de consacrer ses facultés à Dieu et à sa vérité? que de mêler sa voix à celle des anges? » Vocation pleine de sacrifices, qui voue à la solitude des cimes, « d'où l'on contemple dédaigneusement les folies humaines, dans l'éclatante lumière réservée aux élus6 ».

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