ÉPITRE DÉDICATOIRE
Je les ai semées à l’aventure sur les talus de mon camp, et plusieurs ont fleuri. Fleurs pâles, faibles parfums, herbes plutôt que fleurs !
Ce que j’avais recueilli au soleil de la jeunesse, les échos de Mozart, les accents échappés du cœur, tout promettait une autre moisson.
Prenez ce qu’a pu fournir un sol aride. Désormais ce sol ne donnera plus que des pierres, non, hélas! pour bâtir, mais pour charger la fronde.
Prenez d’une main amie ce que je vous offre d’un cœur ami. Lorsque les années s’entasseront sur votre tête, lorsque la terre aura été entassée sur mon corps,
Vos yeux, parcourant ces pages écrites pour Vous, ne se rempliront point de larmes ; Vous ne me plaindrez ni d’avoir vécu ni d’avoir quitté la vie.
Vous vous réjouirez, parce que je serai parvenu dans le pays de 1 éternelle jeunesse, dans le beau royaume de la vérité, de la justice et de la paix.