PRÉFACE
Dans le temps de la guerre d'Italie, la peste des délateurs envahit les journaux français. J'étais nn journaliste indifférent aux souffrances des Lombards, je doutais du martyre des Napolitains, je ne souhaitais nullement que le Piémontais devint maître des lagunes, du Vésuve et du Gapitole ; je fus accusé de peu de zèle pour la France. Les vaillants d'écritoire , qui prétendaient seconder le courage de nos soldats, me firent promptement comprendre Tinutilité de leur donner des raisons et rinconvénient de leur fournir la réplique. J'abandonnai la conversation pour ne pas être immédiatement étranglé ; mais dès lors je vis venir le lacet. Inquiet de la tournure que prenaient les choses politiques, je demandai refuge à la littérature. Fuyant en esprit vers la campagne, vers la mer; j'évoquai le vent et les vagues pour entendre moins les journaux. Telle fut roccasion de mon Décaméron.