‹ Ça et la (volume 4)Chapitre 54 sur 98 · CANTIQUE · texte numérisé non relu

CANTIQUE

L^homme, pèlerin sur la terre.

Se plaint d'y reposer trop peu ; Pour moi, dans ce voyage austère.

Je n'accuserai pas mon Dieu.

Oubliant le terme céleste,

Je dormais d'un sommeil funeste ;

Dieu m'éveilla.

Sa main me montrait la carrière, Je voyais clair à sa lumière :

AUeluia!

Bientôt le chemin devint rude :

froides nuits ! ô sombres jours !

J'avançai sans inquiétude, Et mon âme espéra toujours.

La foudre a grondé sur ma tête ; Dieu se Ot voir dans la tempête,

Le ciel brilla.

J*ai trouvé dans toute contrée De Teau pour ma lèvre altérée :

Alléluia !

Sur les montagnes les plus hautes J'ai rencontré de doux abris ; Au désert j'ai trouvé des hôtes.

J'ai vu des fleurs dans les débris.

Souvent, trop prompt ou trop timide, Je crus avoir perdu mon guide ;

Il était là.

Courbé sous la chaleur pesante, Je sentais ma main bienfaisante :

Alléluia !

Je n'ai pas la faveur du monde, Je ne suis pas un de ses rois ; Mais ailleurs mon bonheur se fonde :

Jésus-Christ ma donné sa croix..

Je la porte et je la révère !

Si parfois, sous ce poids sévèrç.

Mon cœur plia,

Jésus, redoublant de tendresse, M'a fait rougir de ma faiblesse :

Alléluia !

La mort a traversé ma voie.

Me frappant au cœur sans retour ;

Elle m'a pris toute ma joie,

Hais j'ai gardé tout mon amour.

J'avais une fille chérie :

Le ciel pour la cour de Marie

Me l'envia.

Dieu — qull soit béni ! — de la tombe Fit un nid sûr pour ma colombe :

Alléluia!

Tu brilles au ciel, mon étoile I Chaste flambeau de sombre azur.

De la nuit tu perces le voile Et tu fais mon chemin plus sûr.

Ta tombe germe l'espérance :

Je sais pourquoi par la souffrance

Dieu me lia ; Je sais le secret de la vie.

Je sais que la mort nous délie :

• Alléluia!

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