ÇA
(profil de parisienne)
Chez cet être délicieux
Tout est au gré de la nature ;
Les cheveux fous mangent les yeux
Et les yeux mangent la figure.
Le nez, avec des airs osés, Malin, fripon, guette, furette; La lèvre, tendue aux baisers, A la riposte est toujours prête.
La main est fine, le pied vif, Le bras, rond, tient bien à l'épaule; La taille est droite comme un if, Avec des souplesses de saule.
Tout ça c'est coquet, c'est gentil, C'est l'esprit, le charme, la grâce; D'où ça vient-il? Où ça va-t-il?
On ne sait, ça naît et ça passe.
C'est un fruit que nous aimons bien Et dont la saveur est exquise; Ça s'habille avec presque rien Et c'est mis comme une marquise.
Ça renaît à chaque printemps, Plus frais que la Heur odorante, Et, quand ça possède vingt ans, Ça les conserve jusqu'à trente.
Ça jettfe au delà des moulins Plus de bonnets qu'un pape môme N'en pourrait bénir des deux mains El ça dit: « Moi, j'aime qui m'aime! »
C'est encor trop modeste, car Lorsqu'on l'aime ça vous adore ; Ça n*a qu'un seul dieu : le hasard, Et ça se couche avec l'aurore.
Ça vous a des chagrins d'amour
A fendre l'âme d'un apôtre ;
Ça se tue une fois par jour,
Et ça meurt dans les bras d'un autre.
Tantôt béni, tantôt maudit,
Tête brune ou bien tête blonde,
Lorsque ça raisonne, ça dit :
« Bah ! après moi la fin du monde ! »