LES DEUX MARBRES
Un ciseau dans la main, le sculpteur, exalté Par la perfection du modèle, s'applique A fixer dans le bloc de marbre pentélique La merveilleusement idéale beauté.
Nais pose, immuable, et la rigidité De cette chair dont rien n'altère la plastique Evoque le repos d'un sphynx énigmatique Que nul ne peut troubler en sa placidité.
Mais tel est le pouvoir de l'art, telle sa flamme
Que, créateur, l'artiste a trouvé le secret
Dans ce corps, qui n'était que beau, de mettre une âme
Et tandis qu'emporté par son rêve il tirait Des flancs du marbre froid l'image de la femme, La femme restait froide et le marbre vibrait!