PRIERE AUX YEUX
J'aime vos grands yeux, Madeleine, Vos grands yeux si profonds, si clairs Qu'ils semblent deux livres ouverts Où votre finie se lit sereine.
Est-ce un plaisir, est-ce une peine Que j'éprouve, en les regardant ' •Te n'en sais rien, et cependant Ouvrez vos grands yeux, Madeleine.
Vous ouvre/ les yeux, Madeleine, Mais ils ont un charme vainqueur
Qui jette le trouble en mon cœur, Tant leur magie est souveraine.
Pour adoucir un peu ma peine Et rendre la tranquillité A mon pauvre cœur agité, Baissez vos grands yeux, Madeleine.
Vous baissez les yeux, Madeleine, Mais à travers vos cils tremblants Je les revois toujours troublants Et toujours leur charme me gêne.
Ah! prenez pitié de ma peine !
Je ne peux plus la supporter Et, quoi qu'il doive m'en coûter, Fermez vos grands yeux, Madeleine.
Vous fermez les yeux, Madeleine, Et voilà, je ne sais pourquoi, Mon pauvre cœur en désarroi Pris d'une tristesse soudaine, Ahl rendez-moi plutôt ma peine !
Dussé-je encor plus en souffrir, Et dussé-je même en mourir, Rouvrez vos grands yeux, Madeleine !
INGITATUS
(sonnet obscur)