‹ Ça!...et le resteChapitre 50 sur 60 · REVERIE FEMININE · texte numérisé non relu

REVERIE FEMININE

« — Ton front est soucieux,

Le vague est dans tes yeux Et tu restes sans rien me dire.

Où donc est ta gaîté?

Que faut-il, ma beauté, Pour faire éclore ton sourire?

As -tu quelque désir Qu'il te fasse plaisir Que je contente et qui sommeille?

Par exemple, un bijou Pour caresser ton cou Ou pour perler à ton oreille?

Serait-ce une œuvre d'art

Que revoit ton regard?

Dentelle, éventail, diadème?

Ou quelque vieux coffret

Dont le secret serait Même ignoré de moi qui t'aime?

Rêves-tu d'un baiser Tel qu'il sache apaiser

Le vilain chagrin qui t'oppresse?

Rêves-tu d'un parfum Tel qu'un amour défunt

En renaîtrait sous sa caresse?

Pour t'égayer un peu,

Faut-il un ciel plus bleu A ton âme qui s'ennuage?

Si tu veux voyager,

Ce soir, à l'étranger Nous partons pour un long voyage.

Je ne devine pas,

Car ton regard, hélas !

Dans le vague toujours s'isole.

Ne reste pas ainsi

Et dis-moi ce souci Que j'ignore et qui me désole?... »

Alors, sincèrement,

La belle, à son amant, Avec une douceur extrême

Dit : « Est-ce que je peux

Dire ce que je veux ?

Hélas!... je n'en sais rien moi-même! »

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