Cy commêce lystoire du noble et vaillant
CHEVALIER PlERRE DE PrOUVENCE ET DE LA BELLE
Maguelonne fille du roy de Naples. On les veut à Lyon en la maison de feu Barnab} Chaussard prcshredame de cfort. S. d. imprimé rouge et noir. In-8*» gothique, maroquin orange, dos et coins ornés, tr. dor. (Trauty-BaHyOnnet^)
Edition remarquable par ses bois ultrà-primitifs : inconnue non seulement à Brunet. mais même au supplément de Deschamps.
iio. Ogier le Dannoys, duc de Dannemarche qui fut long des dou^e per^ dj France. Paris par Xicolas B >uf)-is, s. d. '^ey-s i?ro. In-^.*'
gothique, figures, mar. rouge, fil., tr. dor. (JBauionnei J)
Bel exemplaire de Yéméniz cité au supplément du Manuel, p. 69.
120. L'histoire du noble preux et vaillant chevalier Guillaume de Palerne (sic) et de la belle Melior. Paris, par Nicolas Bonfons, s. d. In-4** gothique, figures, mar. vert, compart. à petits fers, tr. d. {Traut\'Ban\onnet,')
Exemplaire d'une conservation parfaite. Livre rare. Il provient de la bibliothèque de M. Armand Bertin; sur le titre on lit la signature du poète Jacques Poisle, seigneur de Saint-Gratien et grand-père maternel du maréchal Catinat.
121. Les proesses et vaillances du redouté Mabrian, lequel fut roy de Jérusalem et de Inde la majour après la mort du roy Juon son père, fils de Regnault de Montauban. Semblablement le reste des faicts et gestes des quatre fils Aymon, Regnault, Alard, Guichard et Richard et de leur cousin Maugist. (A la un) nouvellement imprimé à Paris pour la vefve Jean BonfonSy demeurant en la rue Neuve Nostre Dame à renseigne Saint Nicolas, In-8° gothique, maroquin bleu janséniste, tr. dor. (JDuru).
Roman très rare. Exemplaire du baron Seillière.
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124- Le Doctrinal des filles (en vers s. l. n. d. vers 1490. Lyon, P. Mareschal). In-4«» gothique de 4 feuillets, mar. orange, guirlande et milieu en mosaïque, tr. dor. (Traut^-Bauionnef).
Exemplaire d'A. Bertin relié alors par Kœller ; acheté à la vente Solar par M. Léopold Double et relié par ses soins, il a passé successivement par les ventes Double 1863, Desq et Behague.
125. La Doctrine du Père au Filz. nouvellement imprimée à Paris, s. d. gothique, figure. — La Contenance de la Table. Id. — Les jours HEUREUX ET PÉRILLEUX DE l' ANNÉE revellez par lange au bon sainct Job. Id., trois pièces reliées en un volume petit in-8* gothique, maroquin brun janséniste. {Trauti'Bau\onnet ,)
Exemplaire de Charles Nodier. Trois pièces fort rares ; les deux premières sont en vers.
Ce volume après Nodier a successivement appartenu à MM. Yéméniz et Laroche- Lacarelle. C'est ce dernier amateur qui a remplacé la reliure primitive de Thouyenin par celle de Trautz-Bauzonnet.
1 26. Le débat DE l'hôme et DE largent en rime.
Pour ce que pouvreté me pince Lettres allez incontinent Et par vos dits monstrez au prince Que pour vray j'ai faulte d'argent, Si je n'ai esté diligent Ce a esté par grant maladie Laquelle m'a fait indigent Peu s'en £siult que je ne mendie En tout patience.
s. l. n, d. Petit in-S*» gothique de 23 feuillets, figures, maroquin orange avec riches compartiments et fers spéciaux représentant des pièces de monnaie, doublé de maroquin bleu, dentelles, tr. dor. (Cu:[in.)
Cet opuscule extrêmement rare a été réimprimé par M. A. de Montaiglon dans son Recueil de poesia françaises^ VII, 502. Bninetencite trois éditions, dont on ne connaît de chacune que deux ou trois exemplaires, mais celle-ci lui est restée inconnue, et nous ne croyons pas qu'on en connaisse d'autre exemplaire que celui-ci. Des vingt-trois feuillets, dix-neuf, outre le titre, sont ornés au recto et au verso d'une gravure sur bois représentant toujours, comme celle qui est reproduite ci-contre, un buste d'homme dialoguant avec une pièce de monnaie. A première vue ces bois se ressemblent mais, suivant le dialogue et le texte, les expressions de la tête de Thomme et de Teffigie de Denaro, la pièce de monnaie, sont différentes. Quant c'est l'argent qui débat, l'effigie de Denaro ouvre la bouche, prend tour à tour des airs sévères ou gais conformes aux textes qu'elle débite. 11 en est de même quand c'est l'homme qui a la parole.
C'est un intéressant spécimen de notre ancienne littérature que ce dialogue entre THomme qui reproche à l'Argent tous les maux qu'il occasionne et TArgent qui se défend de son mieux en rappelant tout le bien qu'il fait, églises bâties, pauvres secourus, amis obligés.
Les invectives de l'Homme sont véritablement indignées :
a Femmes souvent à l'abandon Se mettent pour t'avoir, glouton
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Sans regarder quoi ni comment Plusieurs vont à perdition Pour t'attraper, mauldit argent !
Leur mariage bien souvent Brisent pour avoir les estats Aussi pour faire leur corps gent ; Fault avoir des robes un tas Qpe leurs maris gaigné n'ont pas, Cotte, ceinture, chaperon Et par cela passent le pas Pour fournir leur intention.
A quoi l'Argent répond :
Je te répons apertement
Q^e ton parler n'est pas estable, (fondé)
Je ne suis cause nullement
Si la femme tant variable
Fait mal par son sens tant muable,
Deux choses sont occasion
De son vouloir si décevable
Aussi de sa damnation ;
La première est tentation
De l'ennemi si fort habile.
Et après leur ambition.
Femmes si ont le cœur fragile
Légier et toujours mobile,
Prêt à bailler consentement
A toute chose inutile
Sans regarder quoi ni comment »
Mais, interrompt l'Homme :
« Tu dis assez, ores te confondrai,
Par toi le monde est presque tout perdu
Et note bien ce que je te dirai :
Par toi Jésus aux Juifs si fut vendu
Et puis en croix tout nu fut étendu,
N'est-il pas vrai, tu ne le peux nier.
Judas le fit, pour t'avoir, faux denier I
Ne fus-tu pas de maie heure trouvé Quand par toi fut un tel crime commis :
Mieux eut valu i Judas n'estre né Car par cela en enfer il fut mis Avec Sathan et tous nos ennemis, Ou il sera perpétuellement, Et toi aussi après le jugement ! »
Malgré tout, Targent remporte et Tauteur termine son ouvrage par ce philosophique rondeau :
« Or, Messeigneurs, qui ce livre lisez C'est le débat de THomme et de l'Argent.
En bien lisant leurs esprits entendrez :
L'Argent se dit aimé de mainte gent Et l'Homme est à luy contredisant ; Et je dis moi que c'est un grant pbûsir Que d'en avoir toujours à son désir.
Qui a argent heureux se peut tenir, Chacun lui fait révérence et honneur Le redoublant comme maître et seigneur, Car toutes gens si le veulent servir.
Tous désirent son amour obtenir.
Il est prisé du grand et du mineur Qui a argent.
Maisons, châteaux à son gré peut bâtir, Ensui\Te doit toutes gens de valeur.
Par ce moyen montera en hauteur Et malgré tous fera à son plaisir Qui a argent.
C'est l'opinion d'un pauvre auteur famélique traînant sa misère dans la boue du xvi*^ siècle : vers la même époque un riche seigneur des Pays-Bas, héritier de la puissante maison de Homes, grand amateur de livres et de belles choses, inscrivait sur toutes ses richesses, depuis le fronton de ses châteaux jusqu'à la reliure de ses livres, cette mélancolique devise : « Fortune rend triste. >►
Hélas, il y a longtemps qu'on le sait, et nous l'avons appris tout petits dans nos grammaires : nemo contentus sud sorte.
127. Les souhaits du monde. S. l. n. d. Petit in-8* de 4 feuillets, gothique, figure, maroquin citron, mosaïque de mar. vert doublé de vélin (Joly.)
Plaquette très rare. Reliure à mosaïque en maroquin citron avec entrelacs de filets en maroquin vert de style renaissance. Cet exemplaire, qui a passé par les bibliothèques Nodier et Laroche-Lacarelle, était précédemment relié en maroquin bleu de Duru.
128. Les Regrets de Picardie: et de Tournay a XXIX coupletz. Pet. in-S"* goth., de 7 feuillets non chiff., fig. sur le titre, maroq. bleu doublé de maroq. orange, fleurs de lis, tr. dor. (Chambolle-Duru.)
Cette édition n'est pas la même que celle qui est mentionnée par Brunet. La pièce n'est pas datée, mais le dernier couplet nous apprend qu'elle est de l'année i522. C'est une sorte de complainte à trois personnages, VActeur, Picardie et Tournesis. L'Acteur met en scène les deux principaux interlocuteurs dont il a entendu la conversation pendant qu'il « sommeillait à l'ombre des bois vers >► et Tournesis et Picardie commencent à échanger leurs doléances à propos de la prise de Tournay par Charles Quint et de l'abandon de François I*^*" qui n'avait pu ou n'avait su secourir la malheureuse cité, réduite après une héroïque résistance de six mois à capituler faute de vivres.
129. Les grandes merveilles veues es parties orientalles par les patrons des gallées, nouvellement imprimées. S. l. n. d., pet. in-8* goth., de 8 feuillets non chiff., maroq. lavalL, tr. dor. (Chambolle-Duru.)
Petite plaquette fort rare ornée de quatre figures sur bois. EjLemplaire de M. Yéméniz, le seul cité.