‹ Cabinet d'un curieuxChapitre 2 sur 59 · LOUIS XII ET ANNE DE BRETAGNE · texte numérisé non relu

LOUIS XII ET ANNE DE BRETAGNE

I. Sensuyvext les Chroniques de France espécialement icelles advenues en cettuy temps. Manuscrit sur vélin, du xv^ siècle, in-4°, veau brun, estampage à froid, armoiries, emblèmes, ornements, etc. (^Aiix armes de Louis XII et d'Anne de Bretagne.')

Très intéressant manuscrit qui débute par une sorte de chronologie des rois de France tenant neuf feuillets, et donnant après un récit inédit et détaillé de la guerre de Cent Ans, principalement de l'époque de Jeanne d'Arc. Ce manuscrit a du être écrit par un témoin oculaire, ou du moins contemporain, à en juger par divers passages tels que celui-ci : « Adoncques n'ont plus les Angloys que quelques places en Guyenne », probablement par quelque moine d'un couvent situé sur les confins delà Normandie et de l'Ile-de-France; l'auteur parle avec détails de Pontoise, de Creil, de

Compiègne et devait évidemment habiter dans les environs de ces trois villes.

Voici la liste des trente-deux grandes miniatures que renferme ce précieux volume : i . Bataille de Tolbiac. 2, Hue Capet couronné à Noyon. 3. Charles VI couronné à Reins en présence des ducs de Bourgogne et de Bourbon, ses oncles. 4. Assassinat du connétable DE Clisson par Pierre de Craon. 5. Débarquement en Flandre de l'Evesque de Nordine (sic) angloys. 6. Expédition du duc de Bourbon au pays de Barbarie, près Thunes. 7. Assassinat du duc Louis d'Orléans, rue Vieille-du-Temple. 8. Duel de Beaumanoir et de Tournemine. 9. Bataille d'Azincourt. 10. Combat de sept Angloys et de sept Françoys es landes de Bourdeaux. 1 1 . Bataille entre Français et Bourguignons. 12. Entrée du connétable d'Armagnac a Paris. 13. Bataille de Baugé. 14. Mort du Capitaine anglais de la Poule, tué par le comte d'Aumale. i 5. Prise de Laval par les François. 16. Bataille de Mortagne. 17. Surprise de Saint-Célerin. 18. Rencontre entre Français et anglais. 19. Siège de Lagny. 20. Combat des Trente, 21. Siège d'Orléans. 22. Présentation de Jeanne d'Arc a Charles VII par le sire Robert de Beaudricourt. 23. Prise des bastilles anglaises devant Orléans. 24. Bataille de Patay. 2$. Jeanne d'Arc au couronnement du roi, dans la cathédrale de Rheims. 26. Défaite des Anglais à Beauvais. 27. Siège de Compiègne. 28. Entrée de Dunois à Pontoise. 29. Message du roi Charles VII. 30. Siège de Creil. 31. Prise de Pontoise. 32. Entrée solennelle de Charles VII à Rouen. Le Roi, couronne en tête, y est précédé de son chapeau Royal (un simple feutre noir exactement de la forme de nos chapeaux noirs d'aujourd'hui, mais un peu moins haut et entouré d'un cercle d'or) porté par un cheval blanc richement harnaché et tenu en main par un page. C'était le

chapeau et non la couronne, simple ornement variant alors suivant la fantaisie des gens, qui était l'emblème de la souveraineté. Le farouche Gessler en voulant forcer les Suisses à saluer son chapeau n'était donc pas si absurde. Le chapeau de ce temps-là, c'était le drapeau d'aujourd'hui.

Nous n'avons pas besoin de faire ressortir l'importance de ces miniatures où se trouvent deux portraits de Jeanne d'Arc, l'un où elle est représentée en damoiselle et l'autre où elle porte son armure de guerre avec longue jupe bleue tombant droit. Si ces portraits ne sont pas faits d'après nature, ils sont sûrement du temps, ce qui est déjà bien rare, car nous ne croyons pas qu'il existe de portraits véritablement authentiques de la Pucelle d'Orléans. Les miniatures qui représentent l'assassinat du duc d'Orléans, la bataille d'Azincourt, le combat des Trente, l'entrée de Charles "VII à Rouen ont également une haute importance historique et archéologique.

La reliure est d'une cinquantaine d'années postérieure au manuscrit ; le semis d'hermines et la cordelière répétée huit fois autour des armes et une fois audessus mêmedel'écusson, indiqueraient suffisamment sa provenance. Mais l'écu de France est, de plus, répété sur les deux plats, au recto soutenu par des lions, au verso, par des anges. On sait que les deux lions furent adoptés comme supports successivement par Charles VIII et Louis XII lorsqu'au titre de roi de France ils joignirent la qualification honorifique et du reste éphémère d'empereur d'Orient.

La dernière miniature, l'entrée de Charles VII à Rouen a été reproduite dans l'ouvrage de Paul Lacroix, Sciences et LettJ'es au Moyen-Age, p. 52 1 , Didot 1 877.

Ce manuscrit a appartenu au Président Hénault, l'historien, dont il porte le très élégant ex-libris.

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