MARQUISE DE POMPADOUR
83. Nouveaux mémoires pour servir à l'histoire de l'esprit et du cœur par le marquis d'Argens et par M"^ Cochois. La Haye, 1745. 2 vol. in- 12, veau fauve, dos orné, fil., tr. dor. (jolie reliure de Padeloup).
Aux armes de la Marquise de Pompadour. Les livres aux armes de la Marquise ne sont pas rares et ne méritent guère à cause de cela même d'être recherchés des collectionneurs, à moins qu'ils n'offrent quelque intérêt de texte ou de reliure. Cet ouvrage, quoique modestement relié en veau, présente cependant une particularité intéressante : à côté des chapitres philosophiques de l'ouvrage, mélangés même de quelques articles scientifiques, il y a une partie qui devait intéresser plus directement, sinon la femme sérieuse qu'il y avait en M"is de Pompadour, du moins la femme coquette, coquette peut-être plus par nécessité que par goût : ce sont les pejisées diverses sur l'art d'embellir le visage, par M^^^ Cochois. Il y a dans ces pensées des conseils pratiques pour mettre le blanc et le rouge, qui pourraient être utiles encore aujourd'hui à nombre de nos aimables contemporaines. M^^^ Cochois est surtout l'ennemiedu blanc: il n'en faut user que très sobrement: « une jolie femme qui se met du blanc (sans absolue nécessité) est aussi inexcusable qu'une personne, qui ne courant aucun risque de dire la vérité, et qui trouvant même du désavantage à mentir, manque à la vérité uniquement par le plaisir qu'elle trouve dans le
mensonge ; une jolie femme qui se farde est punie par son crime ; elle devient bientôt assez laide pour être obligée de se farder par nécessité. Au contraire, l'usage modéré du rouge fournit aux femmes un des plus sûrs moyens pour donner de l'éclat à leur beauté. » Donnons cependant, avec M^'^ Cochois, pour les personnes qui tiennent quand même à se mettre du blanc, la recette dont se servaient les belles marquises en 1745 pour le fard de joues : « mélangez céruse, miel, gomme et limaçons piles. »
Voilà pourquoi, sans doute, aux présentations à la Cour, le Roi embrassait de préférence à la poitrine les Dames présentées.