SCÈNE XIV
Les iVlÊMES, LE MAIRE, PÉGOMAS, LOVEL, M. DE LAVERSÉE, CARACEL, LARVEJOL, BRASCOM- MIÉ, LE Facteur, les Pompiers en grand uniforme, sauf
les pantalons qui sont en coutil de toutes couleurs. Flot de peuple qui acclame Pégodias. Celui-ci a la croix de la Légion d'honneur à sa boutonnière. Grand brouhaha.
LE MAIRE, indigné.
Ah! ce Pégomas!... Quel aplomb! Et ma femme qui espérait...
CARACEL.
Eh bien ! en voilà un discours, hein?...
LARVEJOL
BRASCOMMIE.
Superbe !
Lamartine !
LOVEL
Mirabeau !
LE FACTEUR
Beau ! beau !
LAVERSÉE, qui est entré depuis un instant, au Maire.
Comment, c'est lui qui a la croix ?
LE MAIRE, lugubre et rageur.
Oui, monsieur, ma croix !
Autre flot de peuple, nouvelles acclamations. Musique Militaire qui s'approche.
228 CABOTIiN'SI
LA VERSÉE, allant à Pégomas et à mi-voix.
Monsieur Pégomas, je ne suis pas un ingrat, voici mon désistement.
Il lui remet un papier. PÉGOMAS, lui en remettant un autre et de même. El Vuici vos vingt-six voix ! (Tendant le désistement à ses amis.)
Faites imprimer et afficher, (a lui-même.) Je suis député!
voix.
Vive le dépulé du Caligou! Vive Pégomas!
pégomas, faisant taire la musique.
Merci, mes chers concitoyens!... Merci de l'insigne honneur que vous me faites, en m'appelant à représenter à la Chambre les intérêts de cette noble cité !...
Bia\o !
Le plus grand bonheur de Thomme qui aime réellement son pays, c'est de le servir.
LE MAIRE, fui'ieux et parlant dans le bruit.
Ou de s'en servii- ! Cabotin !
Reprise de la musique (Orphéon avec sa bannière) qui joue dans le fond, devant la maison. Acclamations réitérées. Une petite QUe présente un bouquet à Pégomas qui embrasse l'enfant.
FSBI^I
PQ
Pailleron, Sdouard Jules Henri