ACTE PREMIER
Ah! avant de vous quitter, quelques recommandations préalables .
TOUS
Oui, notre bienfaiteur !
SAINT-MARIN
Si elle vous invite, et elle vous invitera certainement.
TOUS
Oui, notre bienfaiteur!
SAINT- MARIN
Voyons, pas de scie, hein? Une fois chez elle... Primo: avoir de la tenue...
CARACEL.
Comment, de la tenue?
LARVEJOL.
Je croyais que c'était une maison un peu...
SAINT-MARIN
Un peu... certainement... et même quelquefois davantage... mais, enfin, il ne faudrait pourtant pas dépasser les bornes de... d'une honnête...
LARVEJOL.
D'une honnête indécence.
SAINT-MARIN
Secundo : Se bien garder de faire à madame de Laversée l'éloge de feu l'immense poète Laversée, oncle de son mari, ni à M. de Laversée, celui de feue l'immense pastelliste, madame Pelissac, mère de sa femme. Vous comprenez?
Oui, la concurrence!
LARVEJOL.
Ils se crêpent le chignon à coups d'ancêtres!
Et tertio, très important : Ne pas faire la cour à Valentine.
G RI G N et; X, avec un sursaut.
Valentine!
Ah! oui! la mauvaise action du grand Laversée.
SAINT-MARIN
Non, la bonne, il jjaraît... la fille d'un artiste, une orpheline, que sa mère avait léguée au vieux Laversée, alors ministre des Beaux-Arts... du moins, voilà ce qu'on raconte. Le fait est qu'il l'avait fait élever, et que lorsqu'il est mort à son tour, madame de Laversée l'a prise chez elle, sous prétexte qu'elle en raffolait. Seulement, comme il y a cinq ans de cela, et que Valentine avait quinze ans, elle en a vingt, et elle est jolie, et madame de Laversée qui est Jolie aussi, mais qui en avait vingt-sept, en a... enfin, davantage.., alors, vous comprenez?...
Autre concurrence!
SAINT-MARIN
Une jalousie corse!... Et voilà pourquoi il ne faut pas faire la cour à Valentine.
Mais on ne fait que cola, il paraît; elle ne demande que ça, l'enfant.