‹ Cabotins! Comédie en quatre actesChapitre 59 sur 151 · SCENE M VA LE NT I m:. I'IHHHE · texte numérisé non relu

SCENE M VA LE NT I m:. I'IHHHE

VALENTINE, soiilp. la Ir-lr- dans ses mains ol pl.-urani.

Mon Dieu ! Mon Dieu !

PIERRE, entrant par la porte du fond.

Encore à table ! Ah çà ! à quelle heure dînent-ils donc dans le monde? Si je m'en allais, moi?... Sans la voir?

Oh ! non ! (Apercevant Valenline.) Ah ! (u s'approche d'elle, la regarde ettns.'mu.) VoUS plcurCZ ?

VALENT! NE, se levant.

Non!

Qu'est-ce qu'on vous a fait?

VALENTINE

Rien ! Je suis contente de vous voir.

PIERRE

Alors, pourquoi ne venez-vous plus à l'atelier depuis dix jours?

VALENTINE

Excusez-moi !

PIERRE

Dix jours ! Et tous les jours, je vous altends. Tous les jours, je me dis: c'est pour aujourd'hui, et personne !

V A L E N ri N E .

Ne me grondez pas, voyous.

PIERRE

C'est vrai, depuis dix jours, je suis comme un corps sans âme. Je regarde votre buste qui est là... et je... parce que... enfin ma terre sèche, vous comprenez.

VALENTINE

Oui, j'aurais dû vous prévenir,

PIERRE

Mais non! vous auriez dû venir. Qu'est-ce qui vous en a empêchée, il ne vous plaît pas, hein, votre buste? Voulezvous que je le recommence ?

VALEMINE.

Mais non !

PIERRE

Ou que je l'apporte ici?

VALENTINE

Ici, pourquoi?...

PIERRE

Pour y travailler, je demeure si loin, c'est du temps perdu pour vos plaisirs.

VALENTINE, amèrement.

Ah ! mes plaisirs !

Et puis, dame, mon atelier n'est pas élégant, ma mère et moi nous ne sommes pas des gens du monde, ni très amusants. Je comprends qu'une demoiselle comme vous ne se plaise ni chez nous ni avec nous.

VALENTINE

Ah ! monsieur Pierre ! Qu'ai-je fait pour que vous le croyiez?

PIERRE

Rien! Oh! rien! Dans le commencement surtout, vous étiez gaie, vous causiez, vous riiez, c'était gentil, c'est vrai, là, entre nous deux, vous aviez presque l'air d'être heureuse.

VALENTINE

Et je l'étais!... Vous êtes si franchement honnêtes, tous les deux, si cordialement bons. Ah! non! vous n'êtes pas des gens du monde, vous, heureusement. Et puis, vous vous aimez tant, on voit si bien que vous êtes tout l'un pour l'autre!... (Rêveuse.) Je n'avaisjamais vu cela, moi... Ah! oui!... j'étais heureuse...

PIERRE

Eh bien! alors! Quand revenez-vous?

VALENTINE

Jamais!

PIERRE, atterré.

Jamais! Pourquoi?...

Demandez à votre mère.

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