‹ Cadet la perle drame en cinq actes en huit tableauxChapitre 35 sur 97 · M. DE CHAVIGNY, SAINT-AMANT, FARET · texte numérisé non relu

M. DE CHAVIGNY, SAINT-AMANT, FARET

Académiciens.

M. DE CI1AVIGNY.

Son Éminence, messieurs, vous fera savoir par M. de Bois-Robert à quelle heure elle pourra recevoir l’Académie française.

FARET, saluant.

Monsieur le secrétaire d’État, nous attendrons le bon plaisir de monsieur le cardinal.

M. DE CHAVIGNY

Il a passé toute la nuit à travailler.

SAfNT-AMANT.

Absolument comme nous.

M. DE CtlAVIGNY.

Mais dès à présenjj, messieurs, vous dont les noms appartiennent à la postérité, monsieur Chapelain, messieurs Desinarels, Beautru, Gombaud, et vous aussi monsieur de Saint-Amant et monsieur Faret, je crois devoir vous faire connaître les dispositions de Son Éminence relativement à cette tragi-comédie du Cid de M. Corneille, qui fait tant de bruit dans le public.

CADIiT LA PERLE

FARET

C'est un succès comme jamais on n’en vit.

M. DE CHAVIGNV.

C’est justement ce succès immérité qui contrarie le premier ministre, et il souhaiterait fort que l’Académie censurât vertement cette imitation de l’espagnol, laquelle pèche contre toutes les règles de l’art, ainsi que le i rouve M. de Scudéry. Enfin, tenez-vous-le pour dit, le cardinal a autant à cœur de rabaisser le Cid, que u’humilier l’Autriche.

FARET

Ce n’est pas peu dire.

SAINT-AMANT

Pourtant le Cid a des beautés qu’on ne saurait méconnaître.

Page 1