SCÈNE VIII
Les Mêmes, SAINT-AMANT, FARET, MARICOURT,
. MARIGNY, en cuirasses, coslurocs militaires grotesques. —
Ils entrent par le fond.
FARET
Gloire au 61s d’Achille, qui doit nous guider dans les champs de Bellone!
Il se pose.
MARICOURT, de même.
Vive le général Cadet I
MARIGNY, de même.
L ’ Êpèe-de-Bois à la rescousse î
SAINT-AMANT, déclamant.
Paraissez Navarrois, Maures et Castillans Et tout ce que l’Espagne a nourri de vaillants I Je puis citer du Corneille, car je n’ai pas ma pension.
HARCOURT
Peste! quelle allure martiale! vous voulez donc voyager en cuirasse?
SAINT-AMANT
J’ai endossé la mienne, seulement pour traverser la ville sur mon cheval de bataille; ensuite je prendrai ma robe de chambre et je me glisserai dans un fourgon.
FARET
N’oublions rien, surtout. .. les jarres de vin de Cahors !
MARIGNY
Les pâtés I
MARICOURT
Les jambons !
SAINT-AMANT
Tout y est, et à portée de la main.
HARCOURT, riant.
Ah çà ! vous craignez donc la disette au delà des Alpes?
SAINT-AMANT
C’est pour la roule... car une fois là-bas... On sait sa géographie et l’on n’est pas sans connaître de réputation les gélinottes des Alpes...
MARICOURT
Les truffes de Piémont.
MARIGNV.
Les poissons des lacs.
SAINT-AMANT
Et les touries de boulettes nageant dans une sauce à la muscade.
FARET, ïivemoat.
Oh! taisez-vous! rien que l’idée d’un pareil menu me donne une fringale enragée.
SAINT-AMANT
Quel prodige! si maigre, et toujours un appétit d’autruche!
FAUET, 'avec philosophie.
La nature a ses mystères. • '
On entend on son de cor.
HARCOURT
Voici l’instant. Adieu, chère Ililda! avec toi resleici mon âme. (n lui passe une bagne au doigt.) Celle bague de famille ne m’a jamais quitté; j’espère qu’elle te portera bonheur. Je n’ai pas besoin d’ajouter qu’elle te fera penser à moi.