C.\DET, s'échautïaal à mesure qu'il parle
Si, car je suis encor comme j étais jadi$ Comme lorsque maman m'appelait « mauvais fils », Et que je répondais, tout en me moquant d'elle, En lui parlant des hirondelles; l'hirondelle. C'était vous, qui nichiez tout là haut, près du toit, Et je disais aussi : « J'ai trois cœurs... »
DELVAPORINE, voulant l'arrêter.
Mais...
CADET, continuant avec pa«!sion.
Tais-toi!
Je mentais. Je n'avais qu'un cœur battant des ailes Vers vous ! Car vous étiez toutes les demoiselles! Et je disais : « J'ai trois maisons », non une en or Pour Belle au bois dormant, un féerique décor; Et je vous y voyais dans mes rêves nocturnes...
DELVAPORINE
Cadei:
Autour de vous des pages taciturnes.
Et dans la cour, en bas, des oiseaux, des brebis, Vous étiez une reine..
DELVAPORINE
Enfin...
10(» CADET-ROLSSEL
CADET
Et mes habits, Je vous les ai contés I Vous souvient-il encore Qu'au troisième j'ai dû m'arreter... Je t'adore! Je vous vis apparaître; alors moi j'ai pûli.. . Je me suis tù... pourtant, c'était le plus joli !...
(avec des larmes dans la voix.)
Car c'était un habit ajusté pour mon âme, Un habit dont tous mes espoirs faisaient la trame, Somptueux, bien qu'il fût l'habit d'un horloger: Et je le porte encor : je n'en ai pas changé!
(Un temps.) DELVAPORINE, d'un ton positif.
Vous êtes un rêveur, Cadet, je vous envie Mais je ne vous suis pas : je reste dans la vie.
CADET
Comment?
DELVAPORINE
Pardonnez-moi d'être cruelle un peu :
Puisque vous êtes pauvre il faut nous dire adieu.
CADET, bouleversé.
Nous dire adieu, pourquoi? C'est fou...
C'est nécessaire.
DELVAPORINE CADET
Mais diles-moi pourquoi?
DELVAPORINE
Non! non.
CADET
Mon cœur se serre.
J ai le droit de savoir. Parlez-moi franchement.
DELVAPORINE
Vous m'en voudrez de ma franchise.