‹ Cadet-Roussel; comédie en trois actes, en versChapitre 104 sur 118 · C.\DET, s'échautïaal à mesure qu'il parle · texte numérisé non relu

C.\DET, s'échautïaal à mesure qu'il parle

Si, car je suis encor comme j étais jadi$ Comme lorsque maman m'appelait « mauvais fils », Et que je répondais, tout en me moquant d'elle, En lui parlant des hirondelles; l'hirondelle. C'était vous, qui nichiez tout là haut, près du toit, Et je disais aussi : « J'ai trois cœurs... »

DELVAPORINE, voulant l'arrêter.

Mais...

CADET, continuant avec pa«!sion.

Tais-toi!

Je mentais. Je n'avais qu'un cœur battant des ailes Vers vous ! Car vous étiez toutes les demoiselles! Et je disais : « J'ai trois maisons », non une en or Pour Belle au bois dormant, un féerique décor; Et je vous y voyais dans mes rêves nocturnes...

DELVAPORINE

Cadei:

Autour de vous des pages taciturnes.

Et dans la cour, en bas, des oiseaux, des brebis, Vous étiez une reine..

DELVAPORINE

Enfin...

10(» CADET-ROLSSEL

CADET

Et mes habits, Je vous les ai contés I Vous souvient-il encore Qu'au troisième j'ai dû m'arreter... Je t'adore! Je vous vis apparaître; alors moi j'ai pûli.. . Je me suis tù... pourtant, c'était le plus joli !...

(avec des larmes dans la voix.)

Car c'était un habit ajusté pour mon âme, Un habit dont tous mes espoirs faisaient la trame, Somptueux, bien qu'il fût l'habit d'un horloger: Et je le porte encor : je n'en ai pas changé!

(Un temps.) DELVAPORINE, d'un ton positif.

Vous êtes un rêveur, Cadet, je vous envie Mais je ne vous suis pas : je reste dans la vie.

CADET

Comment?

DELVAPORINE

Pardonnez-moi d'être cruelle un peu :

Puisque vous êtes pauvre il faut nous dire adieu.

CADET, bouleversé.

Nous dire adieu, pourquoi? C'est fou...

C'est nécessaire.

DELVAPORINE CADET

Mais diles-moi pourquoi?

DELVAPORINE

Non! non.

CADET

Mon cœur se serre.

J ai le droit de savoir. Parlez-moi franchement.

DELVAPORINE

Vous m'en voudrez de ma franchise.

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