SCÈNE V
Lks Mêmes, moins CADET
LA MAILLARD
Qu'est-ce qu'il a Si Iriste tout à coup, lui si gai tout à l'heure?
MARIETTE
Il est ainsi ; c'est Jean qui rit et Jean qui pleure.'
LA Mi<:RE ROUSSEL
Un lel sans-gêne!. .
LE PÈRE ROUSSEL
Mais...
LA MÈRE ROUSSEL
Il n'y a pas de mais !
Moi. je ne comprends pas comment tu lui permets Qu'avec moi de la sorte il en prenne à son aise.
Moi je ne comprends pas qu'on soit aussi mauvaise.
LA MÈRE ROUSSEL
Comment !
LA MÈRE MAILLARD
Oui c'est vouloir son malheur, non son bien, Qu'ainsi le harcèlera toute heure, et pour rien! Au lieu de le poursuivre avec vos cris de singe...
LA MÈRE ROUSSEL
\ raimenl?
-20 CADET-nOUSSEL
LA MÈRE MAILLARD
Vous feriez mioiix de repasser son linge De veiller plus à ses vêlements déchirés, Ses bas à trous et ses souliers jamais cirés, De lui montrer dans tous ces soins plus de tendresse Kl s'il vous semble enclin parfois à la paresse, De le gronder un peu sans Tépouvanter trop, Détre une mère enfin au lieu d'être...
LA MÈRE ROUSSEL, finissant la phrase.
Un bourreau!
Merci de vos conseils, mais je vous en dispense !
LA MAILLARD
Ne peut-on seulement vous dire ce qu'on pense?
LA MÈRE ROUSSEL
Non, quand on pense mal,
C'est bon... Chacune a son Avis.
LA MÈRE ROUSSEL
Non ! elle a tort.
LA MAILLVRD
Elle n'a pas raison.
LA MÈRE ROUSSEL
Pourquoi faire à l'enfant son enfance trop belle? Pour que contre la vie ensuite il se rebelle!
LA MAILLARD
Pour qu'il soit cependant du bonheur coutumier Doit-il chez lui manger son pain blanc le premier.
LE PÈRE ROUSSEL
Chut!
(On entend un carillon; puis l'horloge tinte.)
Un... Deux... Trois...
(Un silence.)