ACTE PREMIER
CADET
Si, je pensais loul haut.
AUDE
Au moins, pense loul bas.
CADET
AUDE, avec suffisance.
Le bruil court parmi les gens de mœurs sévères Que les poètes ne sont pas hommes d'affaires' Quelle erreur! Ainsi, moi, qu'on n'y croit pas enclin, Du premier coup j'y fus très fort et très malin.
Que fis-tu?
AUDE
J'écoutai mon cœur, pensant qu'en somme Pour être homme d'argent, on n'en est pas moins homme El sans que je l'en visse autrement étonné J'allais trouver pour lattendrir Roussel-aîné...
CADET
Mon frère!
MARIETTE
E.tqu'a-t-il fait.^
AUDE
Il fut charmant en diable, I\Ie promit de m'aider, mais' pour m'ôlre agréable, El, puisque nous étions déjà presque parents Bien qu'on prêlât l'argent à des taux effarants De me prendre aussi peu d'intérêts que possible, Puis il me dit combien son cœur était sensible A cette marque d'amitié qu'en ce moment Je lui donnais. Enfin il fut exquis...
CADET
Comment Traîtâtes-vous?
3i CADET-ROUSSEL
AUDE
Tu sais que je gagne à graiurpeine Cinq mille livres l'an, cin([ ou quatre en moyenne CirAre au succès (ju'ou fait à mes nombreux écrits i Je le (lis à Roussel (|ui connaissait leur prix, Et (|ui sur riieiire me paya dix mille livres.
CADET
Contre quoi?
AUDE
Contre tous mes droits sur tous mes livres. Et tous mes droits d'auteur au théâtre, et cela Pour seulement vingt ans consécutifs : A'oilà !
MARIETTE, riant.
A'ous êtes volé !
i\Ioi
AUDE, très sérieux.
CADET
C'est clair L..
AUDE
Moi.
MARIETTE
Payer mille
Du
cent
t Mil
AUDE
Quel
CADET, révolté, regardant Cadet avec admirai nn.
cerveau!
CADET, modeste.
Non, mais je m'as