ACTE DEUXIEME
CADET
Certe.
LA MAILLARD
Alors à quoi bon vos ruses inédites Puisque ce fut en vain que vous couriez ainsi...
CADET
Et qu'en demeurant coi j'eusse autant réussi.
LA MAILLARD
Vous perdez la raison I
CADET
J'aime.
LA MAILLARD
C'est votre excuse î 11 vous faut réussir.
CADET
Si je ne m'abuse Delvaporine sent quelque penchant pour vous.
CADET
Je me souviens, ce m'est un souvenir très doux, Qu'elle me fit tout espérer, le soir d'Auxerre.
LA MAILLARD
Eh bien, c'est ce soir-là seul qu'elle fut sincère. La preuve qu'à son cœur n'est pas indifl'érent Votre amour, c'est le soin que sans cesse elle prend De l'ignorer : partout près d'elle on vous rencontre; A peine elle paraît qu'aussitôt on vous montre; On vous signale : on vous reconnaît à cent pas : Elle seule pourtant ne vous reconnaît pas! Je vois clair dans son jeu.
CADET
Mon ôme en est ravie!
hO CAUKI'-llOUSSEL
LA MAILLARD
Roussel sera cornard.
CADET, iruligii".
Ça, jamais de la vie 1
(Avec uno émotion croissante.)
D'abôi-d, elle n'e.st pas sa maîtresse...
LA MAILLARD
Pouilanl.
CADEO
(Vesl vous (|ui me l'avez dit, vous seule, en pai'ianl DAuxerre... ce n'est pas une chose notoire I
LA MAILLARD
Mais je sais...
CADET
Je ne suis pas forcé de vous croire I Vous pouvez vous tromper.
LA MAILLARD
Roussel...
CADET
Il n'en dit rien IJI(\ est elle venue ici?
LA MAILLARD
Mais je sais bien Ou'il va la voir.
CADET
Vous le dites !
LA MAILLARD
Mais encore...
CADET
Taisez-vous par pitié; car tant que je l'ignore Je puis l'aimer : et si je vous croyais jamais Je ne le pourrais plus sans crime désormais !
LA MAILLARD
\o:i\i êtes sot-