DES ATTITUDES
8 70. On donne le nom d’attitude à une position quelconque du corps qui est permanente pendant quelque temps (1).
Les principales attitudes de l’homme sont : le coucher, la position assise et la station sur deux pieds.
. Lorsque l'homme est couché sur le dos ou sur le-ventre , toutes les parties de son corps posent sur le sol ; il n’a donc besoin de contracter aucun muscle pour les maintenir en place, et sa position réunit au plus haut degré les deux conditions de l'équilibre , savoir, la plus grande étendue possible de la base de sustentation
(4) Pour. en faire comprendre le mécanisme , il est nécessaire d’entrer dans quelques détails qui sont du domaire de la physique.
Tous les corps de la nature , abandonnés à eux-mêmes , tendent à se rapprocher par l'effet d’une force générale que l’on nomme attraction, et l'énergie avec laquelle un-corps eu:attire un autre est d'autant plus grande que sa masse est plus considérable comparativement à celle du corps attiré.
Or,la masse de la terre étant incomparablement plus grosse que celle des animaux , des plantes , des pierres et de tous les autres objets répandus à sa surface,
‘elle attire sans cesse ceux-ci, et tend à les faire tomber vers le centre du globe.
Pour qu’un corps quelconque reste dans la position qu’il occupe, il faut donc qu’il soit soutenu par quelque chose qui résiste à cette force d’attraction , et qui ne
cède pas sous son poids , telle que la surface solide de la terre elle-même ou un corps inflexible placé entre lui et cette surface.
On appelle base de susientation l’espace occupé par les points par lesquels un objet s'appuie sur un corps résistant ou l’espace compris entre ces points.
Pour qu'un corps solide reste immobile sur sa base de sustentation et ne tombe pas, il n’est pas nécessaire que toutes ses parties s’y appuyent ; ainsi il suffit de le suutenir par un seul point, pourvu que ce point soit placé de telle façon que, si une partie de la masse du corps s’abaissait vers la terre, une partie opposée, également pesante, s’élevât d’autant; le poids d’une partie sert alors à contrebalancer celui de l’autre. On appelle centre de gravité le point autour duquel toutes les parties d’un corps se font réciproquement équilibre, et qu'il suffit de soutenir pour maintenir la masse entière en place.
I1 s’ensuit donc que , pour empêcher un corps de tomber, il suffit que sa base de sustentation soit placée verticalement au-dessous de son centre de gravité.
Il est facile de comprendre aussi que son équilibre sera d'autant plus stable que cette base sera plus large ; car, alors, son centre de gravité peut se déplacer davantage sans que la ligne verticale qui passe par ce centre dépasse les limites de cette base.
lus le centre de gravité sera élevé au-dessus de la base de sustentation, moins au contraire l’équilibre sera stable , car un plus petit déplacement de ce point suf-
fira alors pour que la ligne verticale qui en descend cesse de tomber sur la base de sustentation,,.ce qui détermine aussitôt la chute. fi
et la proximité du centre de gravité de cette base : aussi l'attitude”
du repos est celle où les chutes sont les plus difficiles.
$ 71. Dans la position assise, le corps repose sur les tubérosités des os des hanches; la base de la sustentation est encore assez large, puisqu'elle est représentée par le bassin , dont l'étendue est augmentée par le volume des parties molles qui le recouvrent : aussi cette position est-elle, après le coucher, celle qui offre le plus de solidité, mais elle ne peut être conservée sans effort musculaire. Lorsque le dos est appuyé, les muscles du cou sont les seuls qui se contractent pour maintenir la tête dans sa rectitude ; mais si le dos n’est pas soutenu (lorsqu'on est assis sur un tabouret, par exemple), alors la plupart des muscles postérieurs du tronc se contractent pour prévenir la chute en avant , et la fatigue ne tarde pas à être le résultat de cette permanence d'action.
$ 72. Lorsque l’homme est debout, ce sont ses membres abdominaux qui soutiennent le corps et transmettent au sol le poids qu'ils supportent ; il faut, par conséquent, que ces membres ne se fléchissent pas sous ce fardeau et soient maintenus étendus par la contraction de leurs muscles extenseurs.
Dans cette position , le centre de gravité de tout le corps est situé dans la cavité du bassin, et la base de sustentation est circonscrite par l’espace compris entre les deux pieds. Ici un petit effort suffit pour détruire l’équibre, et ce n’est qu'en agrandissant la base de sustentation dans un sens plutôt que dans l'autre, selon la direction des forces dont l’action est à craindre, que l'on peut prévenir une chute.
Du reste, les mouvements par lesquels nous ramenons la verticale dans la base de sustentation sont, en quelque sorte, automatiques. C’est ainsi que, pour résister à une force qui tendrait à produire la chute en avant , nous avançons rapidement un pied ; si notre corps penche vers la gauche, nous étendons subitement le bras droit pour rétablir l'équilibre ; si une force tend à nous renverser en arrière, nous reculons un pied et nous portons le corps en avant. L'homme qui a un gros ventre et l’homme qui porte un lourd fardeau sur ses épaules sont obligés l’un et l’autre de prendre des attitudes qui changent la position du centre de gravité. Le premier rejette son corps en arrière, afin que la verticale, passant par ce point, passe aussi entre ses deux pieds, et c'est pour la même raison que le second penche son corps en avant. Une femme qui porte un enfant sur le bras droit rejette son corps sur le côté gauche : ainsi nous faisons continuellement de la mécanique sans nous douter de ses notions les plus élémentaires , et les causes les plus sûres de notre conservation résident dans une |
| continuelle des lois physiques dont notre raison n’a pas le secret. | Lorsqu'un animal pose à la fois sur ses quatre membres, la | station devient plus ferme, plus solide et moins fatigante, car la base de sustentation est alors très large ; aussi les pieds peuvent- | ils alors être , sans inconvénient, beaucoup moins larges que chez | les bipèdes , et, par conséquent, plus légers.