‹ Cahiers d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 35 sur 84 · NOTIONS SUR LES CLASSIFICATIONS ZCOLOGIQUES · texte numérisé non relu

NOTIONS SUR LES CLASSIFICATIONS ZCOLOGIQUES

$S 101. Le nombre des animaux différents qui peuplent la surface de la terre est si considérable, que pour étudier avec facilité ces êtres, il est indispensable de les nommer et de les czasser, C'est-à-dire de les diviser entre eux ei d'assigner à chacun des groupes ainsi formés un nom el des caractères.

Les caractères dont l’énoncé constitue en quelque sorte la définition des noms appliqués de la sorte aux animaux ou aux divisions du règne animal, doivent être choisis de façon à être tou-

jours applicables ; 1l faut donc que ces êtres les portent avec eux, ou, en d'autres mots, que ces signes distinctifs soient tirés de là conformation même des objets à classer.

Les classifications sont de deux espèces, savoir : les classifica= tions artificielles et les classifications naturelles.

Dans une classification artificielle on range et l’on groupe les objets d'après des caractères ehoisis arbitrairement, sans avoir égard à la ressemblance générale qui peut exister entre les especes que l'on sépare ou les différences qui peuvent se remarquer entre celles que l'on réunit. Dans une classification naturelle les divisions sont fondées sur la nature même des objets; ceux-ci y sont rapprochés entre eux d’après leur similitude plus ou moins grande, et séparés à raison des différences plus ou moins considérables qu'offrent leurs parties les plus essentielles.

La classification naturelle des animaux est donc en quelque sorte le tableau synoptique de toutes les modifications introduites par la nature dans l’organisation de ces êtres. Les diverses divisions et subdivisions sont fondées sur l’ensemble des caractères fournis par chaque animal, rangés d’après leur degré d'importance relative: et tous les êtres dont chaque groupe se compose se ressemblent entre eux plus qu'ils ne ressemblent à aucun être appartenant à une autre division.

$ 102. Dans cette classification des animaux, on donne le nom d'espèce à une réumon d'individus qui se ressemblent extrêmement entre eux, et dont la race se perpétue avec les mêmes qualités essentielles. Ainsi, les hommes, les chiens, les chevaux, constituent, pour le zoologiste, autant d'espèces distinctes.

Quelquefois une espèce diffère considérablement de toutes les autres; mais, en général, il en existe un nombre plus ou moins grand qui se ressemblent beaucoup, et qui ne se distinguent que par des différences peu importantes : le cheval et l'âne, le chien et le‘ loup sont dans ce cas. Dans les classifications naturelles, on réunit les espèces voisines dans des groupes appelés genres, et on joint à leur nom particulier un nom générique qui leur est commun : ainsi, on dit ours brun, oùrs jongleur, ours polaire, etc., pour désigner les différentes espèces du genre ours, et LÉZARD gris, LÉ- ZARD piqueté, LÉzARD OCellé, etc., pour désigner les différentes espèces du genre LÉZARD.

Chaque animal a, comme on le voit, deux noms, qui peuvent être comparés aux noms de famille et aux noms de baptême des hommes : seulement l’ordre dans lequel on les place est l'inverse de ce qui a lieu pour ceux-ci : le nom du genre précède toujours le nom de l'espèce .

Les genres qui ont entre eux le plus d’analogie sont réunis en tribus, et celles-ci en familles. |

Les familles sont réparties, d’après les mêmes principes, en groupes d’un rang plus élevé, auxquels on donne le nom d'ordres.

Enfin, les ordres sont, à leur tour, réunis en classes, et les classes sont elles-mêmes des divisions des grands embranchements dont le règne animal se compose.

. Ainsi, pour classer les animaux, on divise le règne animal en

Embranchements ; les embranchements en Classes ; les classes en Ordres; les ordres en Familles ; les familles en Tribus ; les tribus en Genres ; les genres en Espèces, qui, elles-mêmes, ne sont que des ‘réunions d'individus.

D'après ce que nous avons dit sur l'esprit des classifications naturelles , on voit que toutes les espèces d’une même famille doivent avoir entre elles plus de ressemblance qu’aucunes d'elles n’en ont avec des espèces appartenant à une autre famille; qu'il doit en être de même pour les différentes familles d’une même classe comparées aux familles des autres classes, et que diverses classes d’un même embranchement doivent avoir entre elles plus d'affinités que n'en offre aucune d'elles, comparée aux animaux des autres embranchements. Ainsi, les différences entre deux animaux sont d'autant plus considérables que ceux-ci appartiennent à des groupes différents d’un rang plus élevé dans cette sorte d'échafau- dage de divisions et de subdivisions, et l'importance des caractères distinctifs décroît à mesure que l’on descend de l’embranchement aux classes, de celles-ci aux ordres ou aux familles, des familles aux genres, et des genres aux espèces. ‘

La division du règne animal en embranchements repose donc sur les grandes modifications qui S'observent dans le plan général de l’organisation des animaux ; celle des embranchements en classes correspond à des différences secondaires, mais dont l’importance est encore très considérable, et ainsi de suite. Il en résulte qu’en sachant la place qu’un animal occupe dans cette sorte de tableau, on arrive non seulement à la connaissance de son nom, mais aussi à celle de tous les points les plus importants de son histoire, car sa manière de vivre est toujours dépendante du mode de conformation des parties dont on s’est servi pour obtenir cette série de caractères.

$ 103. L'utiité de ces classifications ou méthodes naturelles est. tellement évidente, qu’il nous semble inutile d'en donner 1ci d'au tres preuves, et d’ailleurs ce sera surtout après s'en être servis que nos jeunes lecteurs pourront en apprécier les avantages ; nous passerons donc de suite à l'application des principes énoncés ci= dessus.

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