‹ Cahiers d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 53 sur 84 · CLASSE DES ANNÉLIDES · texte numérisé non relu

CLASSE DES ANNÉLIDES

$ 238. La classe des annélides se compose de vers qui sont pourvus d’un système nerveux multiganglionnaire et d'un appareil vasculaire pour la circulation.

Le corps des annélides est toujours très allongé , mou, et divisé par des replis circulaires en un grand nombre d'anneaux ; tantôt ils ont une tête distincte, d’autres fois ils en manquent ; et, d'ordinaire, on leur voit, de chaque côté du corps, une longue série de faisceaux de soies portés sur des tubercules charnus et tenant lieu de pieds (pl. 13, fig. 9). Quelquefois la place des pieds est indiquée seulement par quelques poils roides, et d’autres fois il n'existe sur tout le corps aucune trace de membres. Ces soies servent aux annélides pour ramper et leur fournissent aussi des armes pour leur défense ; car, en général, elles sont très acérées et conformées de manière à s'implanter avec force dans les corps mous contre lesquels elles frappent. Chez les annélides dépourvus de soies, tels que les Sangsues , il existe aux extrémités du corps des ventouses qui sont également des instruments de locomotion.

$S 239. Le système nerveux de ces animaux est peu développé, et consiste dans une chaîne simple ou double de très petits ganglions étendus d'un bout du corps à l’autre. La plupart sont pourvus d’un certain nombre de petites taches qui paraissent être des yeux, et d'ordinaire leur tête est garnie de plusieurs filaments analogues aux cirrhes des pieds , et appelés antennes et cirrhes tentaculaires , qui paraissent être des organes de tact. La bouche occupe la face inférieure de la tête, ou l'extrémité antérieure du corps lorsqu'il n'y a pas de tête distincte; elle est souvent armée d'une trompe protractile et de mâchoires ayant la forme de crochets cornés. L’intestin est droit, tantôt simple, tantôt garni d’un nombre plus ou moins considérable de cœcums situés de chaque côté. Enfin, l'anus occupe l'extrémité postérieure du corps.

Le sang est presque toujours rouge ; quelquefois cependant il est vert, et d’autres fois encore à peine coloré. Ce liquide circule dans un système très compliqué de vaisseaux, dont les uns sont contractiles et tiennent lieu de cœur, et d'autres remplissent les fonctions d’artères et de veines. Du reste, la disposition de cet appareil Circuli toire varie d’un annélide à un autre.

La respiration de ces animaux est quelquefois aérienne , mais en

général aquatique , et, dans ce dernier cas, elle s’opère ordinaire-

ment au moyen de branchies extérieures , dont la forme et la disposition varient beaucoup : tantôt ces organes ressemblent à des feuilles ou à des arbuscules, et sont fixés au-dessus des pattes , de chaque côté du dos, comme chez l'arénicole (pl. 13, fig. 9 ); tantôt ils ont l'aspect de panaches et sont réunis en couronne autour de l'extrémité antérieure du corps, disposition dont les Serpules et les Sabelles nous offrent un exemple.

$ 240. La plupart des annélides habitent dans la mer, et plusieurs de ces animaux s’y construisent pour demeure un long tube, formé tantôt de matières calcaires sécrétées par la peau de l’animal, tantôt de sable ou de fragments de coquilles agglutinés par une substance gélatineuse ; plusieurs s’enfouissent profondément dans le sable , l’Arénicole, par exemple; d’autres se cachent sous les pierres. Il est aussi des annélides d’eau douce : des Sangsues, qui se font remarquer par les ventouses dont les deux extrémités de leur corps sont garnies, vivent dans les ruisseaux: et il en est de même des Naïs, qui ressemblent davantage aux vers de terre ; enfin, ces derniers, que les zoologistes désignent sous le nom de Lombrics, sont des animaux terrestres.

CLASSE DES INFUSOIRES ROTATEURS OÙ SYSTOLIDES.

$S 241. Ces êtres, que l’on confond souvent, mais à tort, avec les. animalcules infusoires proprement dits, sont d'une petitesse telle, qu'avant la découverte du microscope leur existence n'était même pas soupçonnée, et néanmoins leur structure paraît être presque aussi compliquée que celle des annélides. Tant que les instruments à l’aide desquels on les observait ne les faisaient paraître qu’une centaine de fois plus gros qu'ils ne le sont réellement, on n'a pu apercevoir dans leur intérieur aucun organe distinct, et pendant fort longtemps on les a cités comme des exemples d'êtres composés seulement d’une sorte de gelée animée et se nourrissant par imbibition. Mais les recherches de quelques naturalistes modernes ont fait voir combien on s'était trompé à l'égard de ces animalcules ; et aujourd’hui ce n’est pas leur simplicité de structure qui nous étonne, mais bien la complication de leur organisation toute microscopique.

Ces animalcules se rencontrent dans les eaux stagnantes. Leur corps est semi-transparent et offre des traces assez distinctes de divisions annulaires. La bouche en occupe l’extrémité antérieure, et, de chaque côté ou même tout autour de cet orifice, se voient, en général, des cils vibratls, dont les mouvements rotateurs sont très remarquables. Presque toujours l’arrière-bouche est garnie de

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muscies puissants et armés de mâchoires latérales. Le canal digestif est droit : il s'étend d'un bout du corps à l’autre, et présente d'or dinaire, vers le milieu, un renflement qui constitue l'estomac de ces petits êtres ; souvent on voit, de chaque côté de ce tube, des corps d'apparence glandulaire, et, à son extrémité postérieure, une sorte de cloaque dans lequel viennent déboucher les oviductes. On a dé= couvert aussi dans ces animalcuies un grand nombre de muscles; et même un système nerveux vanglionnaire.

Les Rotifères, dont une espèce est devenue célèbre par les expériences de Spallanzani sur la suspension de la vie qu'entraîne le desséchement, peuvent être pris pour type de cette classe.

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