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EMBRANCHEMENT DES ANIMAUX ANNELÉS OU ARTICULÉS

8183. Les animaux qui composent cette grande division présentent non seulement une structure extérieure essentiellement différente de celle qui est propre aux trois autres embranchements du règne animal, mais aussi des caractères extérieurs, en général, si tranchés et si évidents, qu’il est presque toujours facile de les reconnaître au premier coup d'œil. Tout leur corps, en effet, est divisé en tronçons, et semble composé d'une suite d’anneaux placés à la file les uns des autres (pl. 13. fig. 5). Chez les uns, cette disposition annulaire résulte seulement de l'existence d'un certain nombre de plis transversaux qui sillonnent la peau et ceignent le corps; mais, chez la plupart, l'animal est renfermé dans une sorte d'armure solide, composée d'une série d'anneaux soudés entre eux ou réunis de manière à permettre des mouvements. Cette armure à des usages analogues à ceux de la charpente intérieure des animaux vertébrés; car elle détermine la forme générale du corps, elle protège les parties molles, elle donne des points d’attache aux muscles, et elle fournit à ces organes des leviers propres à assurer la précision et la rapidité des mouvements: aussi l’appelle-t-on souvent un squelette extérieur ; mais ce serait à tort que l'on voudrait y voir le représentant ou l’analogue du squelette des vertébrés, car, dans la réalité, elle n’est autre chose que la peau devenue dure et rigide, ou même encroûtée par une sorte d’épiderme calcaire de consistance pierreuse. Pour donner une idée vraie de ses usages aussi bien que de sa nature, il serait par conséquent préférable de la nommer un Squelette téqumentaire.

S184. Le système nerveux des animaux annelés se compose ordinairement d'une suite de petits ganglions accolés par paires, placés sur la ligne médiane à la face inférieure du corps, et unis entre eux par des cordons de communication longitudinaux, de manière à former une espèce de chaîne ou plutôt à représenter un double cordon noueux étendu d'un bout du corps à l’autre (pl. 44, fig. 2). La masse nerveuse formée par les premiers ganglions (que l'on nomme quelquefois le cerveau de ces animaux) est renfermée dans la tête, et est placée au-devant et au-dessus de l’œsophage ; les autres ganglions sont, au contraire, situés en arrière de l'œsophage et au-dessous du canal digestif ; de façon que les cordons qui unissent les ganglions de la tête à ceux du thorax passent de

chaque côté de l'œsophage et forment autour de ce conduit une espèce de collier. Les divers nerfs du corps partent de ces ganglions, et se ramifient dans les parties voisines.

$ 485. Les organes des sens sont moins nombreux que chez les animaux vertébrés, et quelquefois ils manquent tous. En général, ilexiste des yeux, quelquefois aussi un appareil de l’ouïe ; maison n'a découvert dans aucun animal articulé un organe distinct pour l'odorat.

Il existe des animaux annelés qui sont dépourvus de membres, mais la plupart d'entre eux en possèdent , et le nombre de ces organes est très considérable ; on n'en compte pas mois de trois paires, et quelquefois on en trouve plusieurs centaines. Du reste , ces appendices sont toujours disposés symétriquement de chaque côté de la ligne médiane.

S 186. Le canal digestif est toujours étendu d’une extrémité du corps à l’autre, et leur bouche est en général armée de mâchoires; mais ces organes ne se meuvent pas de haut en bas , comme chez les animaux vertébrés : ils sont toujours latéraux, et se meuvent de dehors en dedans.

En général, le sang est blanc, mais pas toujours : car dans la classe des annélides il est souvent rouge ; la manière dontil circule varie. Il existe aussi des différences très grandes dans le mode de respiration de ces animaux.

$ 187. Cetembranchement se divise en deux groupes principaux, formés, l’un par les animaux articulés proprement dits, qui se reconnaissent à leurs membres articulés, l’autre par les vers, chez lesquels les membres n’existent plus, ou ne sont représentés que par des tubercules garnis de soies, et chez lesquels presque toutes les parties de l’organisation se dégradent en quelque sorte, de façon à ne s'offrir souvent que dans un état d'imperfection fort grande.

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