CLASSE DES HELMINTHES
$ 242. Cette division comprend les vers intestinaux et les autres animaux inférieurs d’une organisation analogue. Quelques naturalistes, à l'exemple de Cuvier, les rangent dans l'embranchement des animaux rayonnés ou zoophytes; mais ils n’offrent rien de radiaire dans leur structure, et se lient de la manière la plus naturelle aux annélides. La plupart de ces êtres singuliers ne peuvent vivre que dans l'intérieur d'autres animaux, et se logent dans la substance du foie, dans les yeux, dans le tissu cellulaire, dans les muscles, et même dans le cerveau, aussi bien que dans le canal digestif. On sait qu'ils se multiplient au moyen d'œufs, ou même qu'ils donnent quelquefois naissance à des petits vivants ; mais on ne comprend pas bien comment ils peuvent se transmettre d’un animal à un autre, ni comment ils peuvent pénétrer dans la profondeur des organes dans l’intérieur desquels ils se développent. Presque tous ont une grande analogie avec les lombrics terrestres ou avec les sangsues ; maisils se distinguent des annélides par l'absence d'une chaîne de ganglions nerveux; leur sang n'est pas rouge, et ils n'ont pas de membres sétifères comme la plupart des premiers. En général, leur corps est très allongé et cylindrique ou déprimé, et présente des traces plus ou moins distinctes de divisions annulaires (pl. 43, fig. 10); on ne leur voit rien qui ressemble aux couronnes de cils vibratiles dont sont pourvus les animalcules que nous venons de décrire; mais leur bouche est souvent garnie de crochets ou conformée en manière de ventouse. Plusieurs présentent des vaisseaux bien distincts, et chez quelques uns on trouve des vestiges d’un système nerveux ; mais il n’en est pas qui paraissent pourvus d'organes spéciaux pour la respiration.
Nous citerons comme exemples de ce groupe les Linguatules, les Ascarides, les Strongles, les Douves etles Ténias (fig. 410).
$ 243. Les Linguatules ont le corps déprimé, atténué postérieurement et fortementannelé ; leur bouche est armée de crochets, leur canal alimentaire étendu d’un bout du corps à l'autre; ils ont
un système nerveux composé d’un seul ganglion et de deux longs cordons ; enfin on leur trouve encore d'autres organes d'une structure compliquée. On les rencontre souvent dans les sinus frontaux du chevalet du chien.
S 244. Les Ascarides et les Strongles ont le corps cylindrique et atténué aux deux bouts: on ne leur voit pas de divisions annulaires ; mais leur structure intérieure ne diffère que peu de celle des vers dont nous venons de parler.
Les Douves se rapprochent davantage des sangsues : leur corps est aplati et garni de ventouses , à l’aide desquelles elles se fixent pour sucer ; leur canal digestif se ramifie plus ou moins, et leur organisation, en général, offre moins de complication que chez les annélides. Du reste, elles ont une grande analogie de structure avec d’autres vers qui habitent les eaux douces ou salées, et qui sont désignés par les naturalistes sous lenom de planaires.
Les Ténias ouvers solitaires (pl. 43, fig. 10) ressemblent assez à un long ruban plissé en travers ; ils ont le corps aplati, très allongé et divisé en un grand nombre d' articles qui renferment chacun un ovaire, et présentent un ou deux pores: le canal intestinal paraît être remplacé par deux vaisseaux longitudinaux qui communiquent
au dehors par ces orifices latéraux, et la tête ne présente pas de bouche bien distincte.