‹ Cahiers d'histoire naturelleChapitre 50 sur 235 · MOLLUSQUES · texte numérisé non relu

MOLLUSQUES

La forme générale de ces. mollusques est extrêmement variable. Leur corps est toujours mou, et ce n'est même que chez un très petit nombre d’entre eux (la seiche, par exemple) qu'il existe à l'intérieur quelques pièces solides non articulées et servant à protéger les viscères plutôt qu'à fournir à l'appareil locomoteur des leviers et des points d'appui. Les muscles se fixent directement aux téguments , et n’agissent guère que sur le point même où ils s'insèrent : aussi les mouvements ne sont-ils que lents et en général mal déterminés. Chez un petit nombre deces êtres (les poulpes, etc.), il existe des appendices flexibles et allongés destinés à la locomotion (pl. 14, fig. 4); mais, dans la plupart des cas, l'animal ñe peut se déplacer que par les contractions successives des divers points de la surface inférieure de son corps, et, lors même qu'il existe des membres, ces organes sont réunis en groupe à l’une des extrémités du corps, et jamais disposés en séries symétriques comme chez les animaux vertébrés et articulés.

La peau des mollusques est toujours molle et visqueuse , forme souvent des replis qui enveloppent plus ou moins complétement le corps, et cette disposition a fait donner le nom de manteau à la portion de tégument qui fournit d'ordinaire ces expansions. Souvent ce manteau est presque entièrement libre, et constitue deux grands voiles qui cachent tout le reste de l'animal, ou bien ces deux lames se réunissent de manière à former un tube ; mais d’autres fois il ne consiste qu'en une espèce de disque dorsal dont les bords seuls sont libres ou entourent plus exactement le corps sous la forme d'un sac.

$ 247. En général, cetie peau molle est protégée par une espèce de cuirasse pierreuse nommée coquille. C'est une sécrétion ayant quelque analogie avec celle de l'épiderme qui produit cette enveloppe. Les follicules, logés d'ordinaire dans les bords du manteau, déposent à sa surface une matière semi-cornée mêlée à une proportion plus ou moins forte de carbbnate calcaire qui se moule sur les parties sous-jacentes et se solidifie. La lame ainsi formée s’é. paissit et s'accroît par le dépôt successif de matières nouvelles. Sa

superficie n'est pas pierreuse, mais ressemble à une espèce d'épiderme , et porte le nom de drap marin. Quelquefois elle conserve une consistance cornée dans toute son épaisseur ; en général cependant ia proportion de carbonate de chaux qu'elle renferme augmente rapidement et lui donne une dureté pierreuse. Souvent sa surface interne est même plus dense que le reste, et présente une structure particulière qui la rend vitreuse ou chatoyante et nacrée’ Quelquefois la coquille reste toujours renfermée dans l'épaisseur de la peau des mollusques ; mais, en général, elle est extérieure, et dépasse même les bords du manteau, de façon à fournir à l'animal un

abri parfait. On donne communément le nom de mollusques nus à ceux qui sont dépourvus de coquilles ou qui n’ont qu'une coquille intérieure, et le nom de conchyféres à ceux dont la coquille est visible au dehors.

La manière dont la coquille s'accroît est facile à comprendre. Si l’on examine une coquille d'huître, par exemple, on voit qu'elle se compose d’une multitude de lames superposées dont on peut même déterminer là séparation à l’aide de la chaleur. Ces lames ont été formées successivement par le manteau de l'animal, qu’elles recouvrent, et par conséquent c’est la plus extérieure qui doit être la plus ancienne ; c’est elle aussi qui est la plüs petite, et chaque nouvelle lame qui vient s’y ajouter dépasse la lame située au-dessus , de façon que la coquille, en même temps qu’elle augmente d'épaisseur, s’élargit rapidement. En général, la distinction des lames composantes est moins marquée, et souvent les matières nouvelles se déposent sur le bord de la coquille seulement et de manière que leurs molécules correspondent exactement aux molécules de la partie déjà consolidée ; ce qui donne au tout une structure fibreuse.

Les couleurs les plus variées et les plus agréablement disposées ornent les coquilles, et varient souvent avec l’âge. Presque toujours elles sont tout-à-fait superficielles et semblent dépendre d’une sorte de teinture opérée par la peau de l'animal, qui est peint d'une manière correspondante à celle de son enveloppe. La matière colorante paraît être déposée sur la coquille au moment de sa formation : aussi est-elle d'autant plus vive que cette dernière est plus jeune. C'est le bord du manteau qui la produit.

: $ 248. L'appareil digestif de ces animaux est très développé. Il existe toujours un foie volumineux, et souvent on trouve aussi des glandes salivaires et des organes de mastication; mais les intestins ne sont jamais retenus à l’aide d'un mésentère. Leur sang est incolore ou légèrement bleuâtre, et circule dans un appareil vasculaire très compliqué, composé d'artères et de veines. Un cœur, formé d'un ventricule et d’une ou deux oreillettes, se trouve sur le trajet du sang artériel, et envoie ce liquide dans toutes les parties du corps, d'où il revient à l’organe de la respiration. Quelquefois on rencontre aussi, à la base des vaisseaux qui pénètrent dans ce der: nier appareil, des réservoirs veineux nommés cœurs pulmonaires!

Quant à la disposition des organes de la respiration, elle varie trop pour que nous puissions en parler ici. Nous dirons seulement que tantôt 1ls ont la forme de poumons, d'autres fois celle de branchies

$ 249. Nous ne pouvons dire non plus rien de général sur la structure des organes des sens, qui, du reste, sont toujours moins complets que chez les animaux vertébrés. Certains mollusques ne paraissent doués que du sens du toucher et du sens du goût ; mais

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