LXIX
Cahier des do'éances, plaintes et remontrances faites par les habitants et communauté de Hablutz, contenant deux feuillets, coté et paraphé par première et dernière par nous Henry Marchai, syndic de l'assemblée municipale de Hablutz, comme s'ensuit :
Art. I, — Le villaçje cl'Hablutz est situé dans reiiclave des bois communaux de Foulcrey, le bois d'HaussouviUe et les bois du comté de Réchicourl, isolé de fout commerce, tous d<^ pauvres (jens n'y ayant que 12 baraques lesquelles à tout instant sécroulenl, cause de mauvais Ibndoirs;
Art. 2. — Le terrain est sous un sol inqrat de très petit rapport : le jour de terre coûte à celui ([ui exploite en propre 1° six livres pour la culture, autant pour la semence, autant pour l'engrais de partie compensée, et au moins f[uatre livres tant pour frais de moissons qu'impositions, ce qui fait 22*, et ne rapporte tout au plus celle que 18^: il est tout constant qu'il y a à perdre 4^ par journal; sur onze jours, il faut perdre 44"^ 'ion compris la dîme, ({u'il faut ensemencer, moissonner, et ne pouvoir enlever leurs gerbes avant que les décimateurs n'eussent pris leur part : ils ont de profit 18'^ et le propriétaire |)eid 44^'^ •'^'ii' onze jours.
Art. 3. — Les prairies sont au-dessous des bois, n'ont (pie de l'eau rousse sans aucun sucre : ou les donne souvent à faucher pour la moitié des récoltes, ne pou\aiit souHVir l'uniforme des villages voisins dont les terrains sont meilleurs au ([uatruplc : nous demandons que tous les biens [)ayent dans les lieux où ils sont situés, n'ayant aucune réciprocité, dont journellement les étrangers achètent les nu^illeures pièces à cause de i-otre pauvreté.
AuT. 4- — Qii''"'I'i'''"clavés dans les bois sont privés de leur niïouafje : les bois sont alleclés aux salines, et sommes obligés à l'aller chercher dans les bois des montagnes à trois lieues de
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distance dont il n'y a pas d'autre bois que de quatre pieds, ce ({ui nous est défendu, et d'en user d'antre par arrêt.
/Vrt. 5. — Vexés par le parcours des berqeries étranqères qui louent la pâture, ce qui empêche de faire aucun nourri.
Art. 6. — Lajustice trop altérée aux qrands frais : l'indigent ne peut avoir justice s'il n'a le moyen.
Art. 7. — Les ecclésiastiques perçoivent trop pour leiu' casnel.
Art. 8. — Le sel et le tahac marchands.
Art. 9. — Supprimer les Fermiers généraux.
Art. 10. — Révoquer l'édit des clôtures : chacun maître de son terrain.
Moyens
i" Les décimateurs qui ont plus de la moitié des bénéfices par la démonstration ci-devant faite peuvent payer la moitié.
2° Le seigneur ayant des grands biens en bois, et tant en eaux que bois, qui rendent le triple qu'autrefois, peut payer l'autre partie.
3° Les curés n'ont besoin que d'une servante.
Voilà à peu près toutes les doléances, remontrances et moyens. Fait le 21 mars 1789.
Henry Marchai, syndic; Joseph Rolin; Nicolas George; Claude Tounet ; N. Mansuy.
HABOUDANGE